Le budget 2026 du pouvoir central est arrêté en équilibre à 54 335,8 milliards de francs congolais, en hausse de 7,2 % par rapport à la loi de finances rectificative 2025. Le gouvernement dit viser la stabilisation économique et la relance, dans un contexte encore marqué par des contraintes sécuritaires et sociales.
Avec ce cadrage, l’exécutif veut financer des infrastructures, réduire des inégalités et renforcer la sécurité nationale, tout en gardant une trajectoire de consolidation des finances publiques. À plus long terme, l’objectif affiché est de doubler les recettes courantes pour dégager davantage de moyens d’investissement.
Stabilité des prix, recettes fiscales et dépendance minière : les équilibres à surveiller
Le budget repose sur des hypothèses macroéconomiques présentées comme prudentes. La croissance du PIB est projetée à 5,3 %. L’inflation moyenne est estimée à 4,4 %, avec une inflation de fin de période attendue à 6,1 %. Concrètement, l’inflation correspond à la hausse des prix : plus elle monte, plus le pouvoir d’achat des ménages peut être sous pression.
Le cadre retient aussi une croissance du secteur minier de 5,0 %, un taux de change moyen d’environ 2 467 FC pour un dollar, une pression fiscale de 12,3 % et un PIB nominal projeté à 269 291,9 milliards FC. Le taux de change est un repère important pour une économie où beaucoup de prix et de coûts dépendent des importations et du dollar.
Sur le plan budgétaire, la loi organise les finances autour du budget général, des budgets annexes et des comptes spéciaux. L’ensemble est présenté en équilibre entre recettes et dépenses, avec un principe de gestion qui empêche de mélanger artificiellement dettes, créances, recettes et dépenses.
Le texte insiste aussi sur la discipline fiscale : les exonérations non prévues par la loi sont interdites, et la mise en œuvre du budget programme doit s’accélérer dans plusieurs ministères à partir de 2026. Le budget programme vise à lier l’argent public à des objectifs et à des résultats attendus, plutôt qu’à des lignes de dépenses difficiles à suivre.
Enfin, la loi met en avant la cohésion territoriale. Elle fixe la part des recettes nationales destinée aux provinces et prévoit des mécanismes de financement pour réduire les écarts de développement entre entités. Les dépenses d’équipement, de construction et de réhabilitation d’infrastructures restent rattachées aux programmes d’investissement publics, au niveau central comme provincial.
Malgré cette architecture, une donnée pèse toujours : la dépendance à la conjoncture minière et à l’environnement international. Cela rend décisive la capacité à mobiliser davantage de recettes internes et à appliquer efficacement les réformes fiscales et administratives engagées.
— Joldie KAKESA



