Au 10e Forum Expo-Béton, le Directeur général des Impôts, Barnabé Muakadi Muamba, a plaidé pour des régimes fiscaux incitatifs et ciblés afin d’accompagner les projets structurants du gouvernement tout en préservant la capacité de l’État à lever l’impôt. Thème du panel : « 100 milliards USD pour rebâtir la RDC et catalyser une transformation ».
Le signal est clair : la DGI soutient des mesures taillées sur mesure pour l’investissement productif, avec un impératif de soutenabilité budgétaire. La citation du patron de l’administration fiscale résume le cadrage : « Il y a nécessité de mettre en place des régimes fiscaux incitatifs et ciblés pour encourager les grands projets structurants, tout en préservant la capacité de mobilisation des recettes de l’État ». La ligne directrice vise à orienter l’avantage fiscal vers des secteurs à fort effet d’entraînement, sans affaissement de l’assiette.
Rappel de principe : l’article 174 de la Constitution établit l’obligation de s’acquitter de l’impôt. La politique fiscale reste un instrument de financement du développement national ; elle requiert prévisibilité, transparence et élargissement de la base. Devant un public mêlant décideurs publics, entreprises et institutions, la DGI a mis l’accent sur un duo de réformes déjà lancées et sur leur traduction opérationnelle.
Deux réformes pour assainir la collecte et renforcer l’équité
Facture normalisée (TVA). Objectif : fiabiliser la chaîne de collecte par la standardisation des factures, améliorer la traçabilité des transactions et réduire la fraude. À la clé, un meilleur recouvrement et une liquidité plus régulière de la TVA pour le Trésor. La réussite dépendra du raccordement effectif des contribuables, de la qualité des systèmes d’information et du contrôle sur pièces et sur place.
Fiscalité directe (IS–IRPP). La refonte vise une répartition plus équitable de l’effort, une meilleure lisibilité des règles et une administration plus efficiente. L’enjeu technique porte sur l’actualisation du fichier des contribuables, la simplification des procédures déclaratives et la sécurisation des paiements pour limiter les coûts de conformité des entreprises.
Lors des échanges, les participants ont interrogé l’articulation entre incitations ciblées et climat des affaires : visibilité des dispositifs, durée limitée, mécanismes d’évaluation, conditions d’éligibilité. La DGI a insisté sur la stabilité des règles et sur l’implication du secteur privé dans la mobilisation des ressources internes.
Cap sur l’investissement : le cap des 100 milliards USD évoqué au forum fixe une ambition. La trajectoire passe par des incitations calibrées, une collecte assainie et une assiette élargie, afin de financer des infrastructures sans fragiliser le rendement des recettes.
— Peter MOYI



