Les autorités congolaises ont confirmé l’interpellation des armateurs des deux embarcations impliquées dans les naufrages survenus les 10 et 11 septembre dans la province de l’Équateur. Le ministère des Transports a saisi la justice et réaffirmé que les mesures de sécurité imposées depuis 2024 restent en vigueur.
Des bilans humains lourds et des causes structurelles
Le premier accident a touché l’embarcation H/B Moïse près de Basankusu. Avec 82 passagers à bord, le drame a causé 8 décès, 25 disparus et 49 survivants. L’enquête provisoire pointe la surcharge, la navigation de nuit et la collision avec un obstacle, autant de facteurs qui traduisent les limites techniques de la flotte fluviale congolaise, souvent composée de bateaux vieillissants sans entretien régulier.
Le second naufrage a concerné le H/B Bonga, en bois, au large de Ngombe. L’incendie aurait démarré lors de la préparation d’un repas, preuve de l’absence de dispositifs de sécurité élémentaires. Sur 70 passagers, on déplore 1 mort, 34 disparus et 47 rescapés.
Ces chiffres rappellent l’ampleur des pertes humaines récurrentes dans le secteur fluvial, où la pression économique pousse les exploitants à maximiser le tonnage au détriment de la sécurité. Pourtant, les règles mises en place en octobre 2024 avaient permis de réduire la fréquence des accidents, passant de 10 naufrages mensuels à seulement 2. Ce recul reste fragile face aux pratiques informelles et au déficit de contrôle des autorités.
Le vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba a ordonné le dépôt d’une plainte judiciaire. Le gouvernement insiste : le port du gilet de sauvetage, l’interdiction de naviguer de nuit, le respect du tonnage légal et la souscription d’assurances sont obligatoires. Tout contrevenant, armateur comme commissaire fluvial, s’expose désormais à des sanctions immédiates.
— Peter MOYI



