La participation de Teddy Lwamba, ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, aux réunions annuelles de la Banque mondiale marque une étape significative pour la RDC dans sa quête de transformation énergétique. Au cours de cet événement, regroupant de nombreux ministres des Finances, le ministre congolais a mis en avant les richesses naturelles du pays et les défis à relever pour garantir un accès élargi à l’électricité.
50 % des eaux d’Afrique : un potentiel inexploité
Teddy Lwamba a révélé des chiffres impressionnants : la RDC détient 50 % des ressources en eau d’Afrique et 6 % des eaux mondiales, offrant un potentiel hydroélectrique théorique de 100 000 mégawatts. Pourtant, seulement 2,5 % de cette capacité est actuellement utilisée. Ce faible taux d’exploitation illustre les lacunes en infrastructures que le gouvernement cherche à combler rapidement.
« Nous devons renforcer nos capacités d’infrastructures pour exploiter au mieux nos ressources hydrauliques et répondre aux besoins croissants en énergie », a souligné Lwamba.
Vers une transition énergétique mixte
Outre l’eau, la RDC bénéficie d’une exposition solaire exceptionnelle, avec une capacité potentielle de 5,7 kW par mètre carré. En parallèle, le pays dispose de minerais stratégiques tels que l’uranium et le charbon, renforçant sa capacité à développer une production énergétique diversifiée. « Le véritable enjeu est d’accélérer le développement des infrastructures sur l’ensemble du territoire », a insisté le ministre.

Afin de surmonter ces défis, le gouvernement mise sur une approche décentralisée. Lwamba a rappelé que la mise en place de mini-réseaux dans les zones rurales est déjà en cours. Ces infrastructures légères visent à rapprocher l’énergie des populations éloignées et à encourager l’implication du secteur privé. La libéralisation du marché de l’électricité, amorcée il y a près de dix ans, a permis de créer un environnement favorable aux investissements privés, rendant le secteur plus attractif.
Une production de 300 MW au cœur de la rentabilité énergétique
« Avec une capacité actuelle de 300 mégawatts, le potentiel de chiffre d’affaires annuel du secteur s’élève à 8 milliards de dollars », a expliqué Lwamba. Cette rentabilité confirme que le développement du secteur énergétique représente un levier de croissance économique majeur pour la RDC, à condition de mobiliser les investissements nécessaires.
Mission 300 : un projet d’envergure continentale
Dans le cadre des discussions à la Banque mondiale, la Mission 300 a été au centre des débats. Ce projet, mené en partenariat avec la Banque africaine de développement, vise à fournir un accès à l’électricité à 300 millions de personnes sur le continent africain d’ici 2030. La RDC, avec ses ressources naturelles abondantes, figure parmi les acteurs clés de cette initiative.
Lwamba a insisté sur la nécessité de définir des pactes nationaux de l’énergie, une démarche essentielle pour mobiliser les ressources et lever les obstacles administratifs freinant l’investissement. « Seule une approche coordonnée permettra de garantir un accès durable, abordable et fiable à l’électricité pour tous », a-t-il conclu.
Cette participation proactive de Teddy Lwamba témoigne de la volonté de la RDC de s’intégrer pleinement dans la dynamique mondiale de transition énergétique. Avec une combinaison unique de ressources naturelles et une vision stratégique, le pays se positionne comme un acteur incontournable de l’énergie en Afrique.



