Le président Félix-Antoine Tshisekedi a profité du conseil des ministres du 5 septembre 2025 pour rappeler que l’économie congolaise reste vulnérable aux importations subventionnées et à la fraude douanière. Selon lui, ces dérives réduisent la compétitivité des entreprises, alimentent le chômage et privent le Trésor de recettes indispensables.
Il a mis en avant la nécessité d’une politique tournée vers la souveraineté alimentaire, condition essentielle pour préserver les devises, stabiliser les prix intérieurs et renforcer l’autorité de l’État. Les pertes générées par la contrebande, notamment via le circuit informel connu sous le nom de Bilanga, se chiffreraient en centaines de millions de dollars par an, un manque à gagner qui pèse sur le financement des infrastructures et des services sociaux.
Vers un dispositif coordonné de mesures économiques
Le chef de l’État a confié à la Première ministre et aux ministres de l’Intérieur, de l’Économie nationale, de l’Industrie, des Finances et du Commerce extérieur l’élaboration d’un plan intégré. Parmi les mesures envisagées figurent : une révision sélective des taxes à l’importation pour protéger la production locale sans affaiblir le pouvoir d’achat, la modernisation des mécanismes de contrôle aux frontières et un renforcement du cadre réglementaire pour assurer la traçabilité des marchandises.
Des incitations fiscales sont également prévues pour attirer les capitaux vers les filières productives, en particulier l’agro-industrie. Ce secteur reste sous-exploité alors qu’il représente près de 20 % du PIB et pourrait, selon les experts, réduire significativement la dépendance alimentaire du pays. L’argument est double : d’un côté, limiter les sorties de devises utilisées pour importer du riz, du maïs ou du sucre ; de l’autre, créer une base fiscale élargie et des emplois stables pour absorber une main-d’œuvre jeune en forte croissance.
La stratégie de communication annoncée vise enfin à stimuler la consommation des produits locaux et à restaurer la confiance des investisseurs. La réussite de ce programme dépendra toutefois de l’efficacité des contrôles et de la capacité du gouvernement à mobiliser les moyens financiers nécessaires.
— Peter MOYI



