Le 19 septembre 2025, le marché interbancaire affiche 2 754,03 CDF pour 1 USD contre 2 875,00 CDF au parallèle, soit un écart d’environ 121 CDF, équivalant à 4,39 %. Sur une semaine, le franc s’apprécie de 2,38 % à l’indicatif, tandis que le parallèle recule de 1,93 %. Depuis fin décembre 2024, la courbe reste positive à l’indicatif (+3,32 %) et quasi stable au parallèle (-0,28 %). Le message de prix est clair : l’indicatif renvoie une amélioration mesurée, le parallèle rappelle les frictions d’offre et de confiance sur le marché informel.
Écart indicatif–parallèle : lecture macro et leviers de pilotage
La Banque centrale du Congo (BCC) cible une combinaison d’outils pour verrouiller cette trajectoire. La coordination monétaire-budgétaire vient en premier ressort : des dépenses publiques calibrées limitent la création monétaire et réduisent la pression sur la demande de devises. Chaque point de recettes domestiques sécurisé accroît la marge de manœuvre du Trésor, ce qui évite des financements inflationnistes et relâche la tension sur le change.
La liquidité bancaire constitue l’autre axe critique. Un réglage fin des réserves obligatoires, un suivi serré des agrégats et un accès ordonné aux guichets de la BCC amortissent les pics de demande de dollars. Ce coussin de liquidité limite les à-coups et décourage les mouvements purement spéculatifs. En parallèle, une signalisation lisible du taux directeur et des opérations d’open market stabilisent les anticipations et ancrent les courbes courtes.
Sur le marché des changes, la BCC met l’accent sur la vigilance opérationnelle : transparence des cotations au marché indicatif, cadence régulière des interventions et contrôle des pratiques qui perturbent l’alignement des prix. Le spread de 4,39 % entre indicatif et parallèle reste gérable si l’offre de devises progresse via les canaux formels et si la demande est lissée par une gestion prudente de la trésorerie publique.
Côté budget, la maîtrise des engagements et l’élargissement de l’assiette fiscale apportent des recettes plus prévisibles. Moins de paiements en retard, moins de « pics » de décaissement, davantage de stabilité de trésorerie : autant d’éléments qui réduisent le recours au financement monétaire et consolident le signal adressé au marché.
La BCC appelle enfin à accélérer les réformes qui élargissent la base productive : plus de transformation locale, des exportations diversifiées et des flux de devises moins concentrés. Une économie qui vend davantage de valeur ajoutée génère une offre de dollars plus régulière, améliore la liquidité du système et rapproche les deux marchés. À terme, un écart indicatif-parallèle réduit se traduit par une meilleure prévisibilité pour les importateurs, des coûts financiers plus stables et une inflation mieux contenue.
Les indicateurs de court terme penchent du bon côté à l’indicatif. La robustesse du mouvement dépend de l’exécution : discipline budgétaire, pilotage de la liquidité, cadre de change cohérent et réformes pro-production. Avec ces leviers, le franc congolais peut consolider son ancrage et limiter la volatilité qui alourdit les coûts de l’économie réelle.
— Peter MOYI



