Depuis le 1er décembre 2025, toutes les entreprises doivent utiliser la facture normalisée. À peine lancée, cette réforme crée déjà beaucoup de difficultés sur le terrain. Pour calmer les tensions et trouver des solutions, le ministère des Finances et la Fédération des entreprises du Congo (FEC) se sont réunis le jeudi 11 décembre 2025 au Centre Financier de Kinshasa.
Autour de la table, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, la vice-ministre Grace Yamba Kazadi et le président national de la FEC, Robert Malumba Kalombo. L’objectif était clair : écouter les plaintes des entreprises et ajuster l’application de la réforme pour qu’elle soit réellement praticable.
Les membres de la FEC ont remonté trois grands types de problèmes. D’abord, l’absence de manuel d’utilisation du système de contrôle fiscal (MCF) qui laisse beaucoup d’opérateurs sans repères. Ensuite, un manque de réactivité de l’administration dans la procédure d’homologation des systèmes de facturation électronique (SFE). Enfin, des blocages sur la plateforme en ligne e-UF, qui supporte mal un volume important de transactions.
Un délai d’adaptation et des commissions techniques
Face à ces plaintes, le ministre des Finances a annoncé une série de mesures pour accompagner les entreprises. D’abord, la création d’une commission mixte Finances–DGI–FEC, composée de techniciens et d’informaticiens, chargée de traiter point par point chaque difficulté technique. Cette commission commence ses travaux le mercredi 17 décembre 2025.
Une deuxième commission, logée au cabinet du ministre, va répondre aux mails des entreprises dans un délai maximum de 48 heures. Le but est de réduire les temps morts et d’éviter que les dossiers restent sans réponse.
Le ministre a aussi décidé de suspendre les sanctions liées à la facture normalisée pendant deux mois, en décembre et janvier. Durant cette période, les entreprises ne subiront ni refus de droit à déduction ni amendes. Une lettre officielle du ministre viendra formaliser ce moratoire.
La Direction générale des impôts (DGI) devra fixer un délai clair pour le traitement des demandes d’homologation. Si l’administration ne répond pas dans le temps imparti, l’homologation sera considérée comme accordée. En parallèle, les sessions de la commission d’homologation reprendront dès le lundi 15 décembre 2025 pour traiter les dossiers en attente.
Enfin, les entreprises qui émettent un grand nombre de factures obtiennent la possibilité de combiner leur propre système de facturation (SFE) avec la plateforme e-UF de la DGI. Elles pourront importer automatiquement les factures déjà émises vers e-UF, ce qui doit alléger la charge de travail et limiter les blocages techniques.
Cette séance de travail, ouverte à 16 h 00 et clôturée à 18 h 30, marque une étape importante dans le dialogue entre l’État et le secteur privé autour de la facture normalisée. Le signal envoyé est clair : la réforme reste en place, mais son application doit tenir compte des réalités des entreprises.
— M. KOSI



