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RDC : 5,5 % de croissance économique, mais plus de 8 Congolais sur 10 restent pauvres

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La RDC a enregistré une croissance estimée à 5,5 % en 2025, après 6,1 % en 2024. Mais plus de 8 Congolais sur 10 vivent encore avec moins de 3 dollars par jour en parité de pouvoir d’achat, selon la Banque mondiale.

La croissance congolaise reste forte dans les chiffres, mais elle change encore peu la vie quotidienne de la majorité. Le problème n’est pas seulement le niveau du PIB. Il se trouve surtout dans la manière dont cette richesse est produite et redistribuée. Aujourd’hui, l’économie reste portée par les mines, en particulier le cuivre, un secteur qui exporte beaucoup, rapporte des devises et soutient les recettes publiques, mais crée peu d’emplois directs par rapport aux besoins du pays.

C’est ce décalage qui nourrit la question : à qui profite réellement la croissance de la RDC ? Pour l’instant, elle profite surtout aux acteurs déjà connectés aux circuits formels : grandes entreprises minières, sous-traitants bien positionnés, transporteurs, importateurs d’équipements, opérateurs urbains et une partie de l’État à travers les recettes publiques. Elle atteint beaucoup moins les ménages ruraux, les travailleurs informels, les jeunes sans emploi stable et les petites entreprises éloignées des chaînes de valeur minières.

Le vrai enjeu reste la transmission vers les ménages

Une mine peut produire davantage, augmenter les exportations et faire progresser le PIB sans embaucher massivement. C’est pourquoi la croissance peut être visible dans les rapports économiques, mais presque absente dans le panier de la ménagère. Une inflation plus faible protège le pouvoir d’achat, car les prix montent moins vite. Mais elle ne crée pas automatiquement des revenus pour ceux qui vivent du petit commerce, de l’agriculture de subsistance ou d’un emploi précaire.

La Banque mondiale projette une baisse très lente de la pauvreté, de 81,7 % en 2024 à 80,1 % en 2027. Cela représente seulement 1,6 point en trois ans. À ce rythme, la croissance ne suffit pas à casser la pauvreté de masse. Pour changer la situation, la RDC doit transformer davantage ses ressources sur place, soutenir l’agriculture productive, développer l’industrie légère, renforcer les PME et investir dans les services publics de base.

La croissance ne profitera réellement à la majorité que si elle se traduit par des emplois, des salaires, des routes, de l’électricité, des écoles, des soins de santé et une baisse durable du coût de la vie. Sans cette transmission, le pays continuera à afficher de bons chiffres macroéconomiques pendant qu’une grande partie de sa population restera exclue des bénéfices de cette richesse.

— M. KOSI

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