Jeudi à Riyad, le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a appelé à créer un corridor d’investissement pour relier les capitaux saoudiens aux gisements de la RDC. Cette annonce a été faite au DRC Country Showcase, en marge du Future Minerals Forum, selon un communiqué consulté vendredi.
Prenant la parole lors de cette rencontre, Louis Watum Kabamba a salué le rôle de l’Arabie saoudite dans la « nouvelle économie minérale ». Il a aussi réaffirmé l’ambition de la RDC de se positionner comme partenaire stratégique de la transition énergétique mondiale, dans un contexte où la demande mondiale en minéraux destinés aux technologies bas carbone augmente.
La RDC, a-t-il expliqué, veut sortir d’un modèle centré sur l’exportation de matières premières. Le pays dit désormais viser une trajectoire plus industrielle, avec une orientation vers le raffinage et la transformation locale des minéraux considérés comme stratégiques. L’objectif affiché est de capter davantage de valeur sur place, plutôt que de limiter la chaîne à l’extraction.
Raffinage local, transparence et zones économiques spéciales pour attirer les investisseurs
Le ministre a rappelé le rôle de la RDC dans la production de cobalt, un métal utilisé dans de nombreuses batteries. Selon lui, la transition énergétique a besoin des ressources congolaises, et Kinshasa veut faire du pays un hub pour les batteries électriques et les énergies renouvelables.
Pour rassurer les investisseurs, Louis Watum Kabamba a mis en avant plusieurs réformes déjà engagées. Il a cité la numérisation du cadastre minier, l’alignement sur des standards internationaux de transparence, ainsi que la mise en place de zones économiques spéciales dédiées à la transformation des minéraux. L’idée est de proposer un cadre plus lisible et plus sûr pour des projets industriels, qui exigent des capitaux lourds et des engagements sur plusieurs années.
Sur la question du risque, le ministre a insisté sur un point : pour réussir, il faut comprendre le cadre réglementaire et respecter les lois. Il a évoqué la présence de multinationales qui auraient déjà investi plus de 45 milliards d’euros en RDC. Il a enfin indiqué que la RDC ne souhaite pas devenir un terrain de rivalités, mais cherche des partenaires de long terme, en invitant les investisseurs à s’engager dès maintenant dans le parcours d’investissement dans le pays.
— M. KOSI

