BCC : assouplissement monétaire et absorption de 400 milliards CDF pour soutenir le franc

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André Wameso

La Banque centrale du Congo a drainé 400 milliards CDF du marché entre le 15 septembre et le 15 octobre, et a opéré une injection ponctuelle de 50 millions USD au taux indicatif de 2 776 CDF/USD. Ces décisions, annoncées par le gouverneur André Wameso, visent à contenir la liquidité en francs et à stabiliser le marché de change.

Taux abaissés, liquidité encadrée

La BCC a redéfini son cap lors du Comité de politique monétaire du 7 octobre : le taux directeur recule de 25 % à 17,5 %, tandis que la facilité de prêt marginal passe de 30 % à 21,5 %. L’objectif est de redonner au CDF un rôle central dans les transactions, tout en préservant la stabilité financière. Le gouverneur met en avant une stratégie en deux temps : resserrement préalable pour casser la surchauffe, puis assouplissement maîtrisé accompagné d’interventions ciblées en devises.

Le volet liquidité reste déterminant. Outre l’absorption déjà réalisée de 400 milliards CDF, l’autorité monétaire a annoncé le retrait du “trop-plein” de 900 milliards CDF durant l’échéance fiscale, en s’appuyant sur les flux liés aux obligations des entreprises. Le message adressé au marché est clair : la banque d’émission pilote la quantité de francs en circulation et rappelle la primauté du paiement des obligations en monnaie nationale.

Le gouverneur a aussi expliqué les tensions précédentes. Le mécanisme des réserves obligatoires était libellé en CDF avec une parité de référence de 1 999 CDF/USD. Avec la dépréciation, ces réserves ne couvraient plus correctement les dépôts en devises, ce qui a alimenté la surliquidité et accru la pression sur le change. La réponse a consisté à resserrer la politique afin de freiner la demande de devises, puis à détendre graduellement les taux tout en apportant des devises pour lisser les anticipations.

Les annonces s’inscrivent dans une démarche de ré-ancrage : réduire l’excès de francs, encadrer les conditions de refinancement bancaire et stabiliser le marché des changes. Si les indicateurs continuent de s’améliorer, la trajectoire d’appréciation observée du CDF pourrait se prolonger. Le pilotage restera tributaire d’un dosage précis entre drainage de liquidité, signal de taux et opérations en devises afin d’éviter un déséquilibre entre crédit à l’économie et stabilité du change.

— M. KOSI

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