Kinshasa, 10 octobre 2025. Devant le 62ᵉ Conseil des ministres, le gouverneur de la BCC, André Wameso, acte un cadre macroéconomique plus stable : inflation en décélération, monnaie nationale en appréciation et croissance attendue à 6,3 % d’ici fin 2025, portée par l’extraction minière.
Inflation en reflux, change plus ferme : les leviers à surveiller
La trajectoire des prix bascule en territoire négatif sur la première semaine d’octobre : –0,10 % après 0,06 % la semaine précédente. En cumul annuel, l’inflation tombe à 5,93 %, contre 9,99 % à la même période en 2024. Effet immédiat sur le pouvoir d’achat et signal d’un pilotage monétaire plus serré. Derrière ces chiffres, un mécanisme classique : une liquidité mieux contrôlée, un change moins volatil et une transmission plus lisible vers les prix importés.
Sur le marché de change, le franc congolais se raffermit. Sur la semaine écoulée : +6,31 % au segment indicatif, +4,12 % au parallèle. Par rapport à fin décembre 2024, l’appréciation cumulée atteint 13,47 % à l’officiel et 9,54 % au parallèle. Une devise plus forte amoindrit la composante importée de l’inflation, améliore la prévisibilité des coûts et assainit les anticipations des agents économiques. La condition de maintien reste claire : veiller à la liquidité bancaire, éviter les à-coups dans le financement budgétaire et préserver la crédibilité du taux directeur.
Côté activité, la BCC retient 6,3 % de croissance en 2025, tirée par les industries minières. Les cours mondiaux des produits de base clés pour la RDC évoluent plus favorablement et les prix de l’énergie restent relativement stables. Cette configuration allège les coûts d’importation, soutient les volumes d’exportation et conforte les marges fiscales liées aux recettes extérieures. Reste la sensibilité aux chocs : une glissade des cours ou une tension géopolitique rebat vite les cartes de la balance des paiements.
Le gouverneur fixe trois axes de conduite. Coordination stricte entre politique budgétaire et monétaire pour éviter les dérives qui alimentent les prix. Surveillance rapprochée du marché de change et du secteur bancaire afin d’anticiper les tensions de liquidité. Diversification par l’agriculture et les services pour élargir la base productive et limiter l’exposition au cycle minier. L’objectif est technique et lisible : sécuriser la stabilité des prix, ancrer un change plus prévisible et soutenir une croissance moins dépendante des extractions.
En synthèse, l’équation proposée par la BCC tient sur trois variables : prix contenus, devise plus ferme, activité portée par les mines. La suite se jouera dans la discipline de trésorerie publique, l’arbitrage fin de la liquidité et l’accélération des chantiers de diversification.
— Peter MOYI



