Près de 10 km ont déjà été reconstruits sur les avenues Kasaï, Rwakadingi, Plateau, Bokassa, Kabambare et Kabinda, au cœur de la capitale. Objectif : fluidifier l’accès au Marché central et rétablir des circulations régulières entre les communes adjacentes.
Le chantier s’accélère sur l’avenue Bokassa, du boulevard du 30 Juin à l’avenue Sendwe. Selon Hicham Soufan, directeur général de Safrimex, l’axe Kabambare–Kabinda est bétonné, celui de Kabinda–Dima a été assaini et passe en phase de bétonnage, avec une mise en circulation progressive. L’entreprise vise une finalisation d’ensemble d’ici janvier 2026. Les travaux sont menés sous la supervision de l’Office des voiries et drainage (OVD) et du Bureau central de coordination (BCECO).
Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, a conduit une tournée d’inspection pour jauger l’avancement réel et répondre aux alertes relayées par des élus kinois, dont Ron Roger Bimwala et Reagan Bakonga. À l’intersection Bokassa–Kabambare, un tronçon de 2,664 km doit relier Kasa-Vubu, Barumbu et Kinshasa afin de désengorger la partie centrale. Les équipes techniques de l’OVD, du BCECO et de Safrimex signalent des contraintes récurrentes : étals informels empiétant sur l’assiette des routes, emprises occupées autour du Marché central, et interférences avec les réseaux d’eau et d’électricité à déplacer.
Autour du Marché central : circulation et délais
Sur l’avenue Rwakadingi, la densité des allées et venues complique les cadences.
« Nous devons parfois interrompre la journée et reprendre la nuit tant la circulation reste intense », note Gratien Sefu, ingénieur topographe sur site.
Le bétonnage progresse toutefois sur le linéaire jouxtant le nouveau marché moderne, avec pour priorité de libérer les entrées et les axes d’approche avant l’ouverture annoncée du site.
Autour du Grand marché, trois fronts de travaux sont activés — avenue de l’École, avenue du Marché et avenue du Marais, à proximité du jardin botanique — pour répartir les flux et réduire les goulots. Cette stratégie vise à sécuriser les accès, limiter les pertes de temps pour les transporteurs et réduire les coûts logistiques des commerçants. Le ministre a, de son côté, demandé la coordination des interventions de réseaux afin d’éviter les reprises coûteuses de chaussée.
Sur Bokassa, entre le boulevard du 30 Juin et le boulevard Sendwe, Safrimex avance par séquences : assainissement, fondations, couche de roulement. Les services techniques insistent sur la discipline des emprises et l’évacuation des occupations anarchiques. Des tentatives passées n’ayant pas suffi à remettre la route en état durable, la surveillance de l’OVD et le contrôle de la Cellule des infrastructures se veulent plus stricts, avec réception par tronçons et tests de portance.
Sur le terrain, l’adhésion locale se manifeste.
« Personne n’imaginait revoir cette avenue praticable. Voir la chaussée revenir change déjà le quotidien », confie un vendeur du quartier.
La réussite dépendra notamment du maintien de couloirs de chantier libres et d’un phasage compatible avec les horaires commerciaux, afin de préserver l’activité tout en accélérant la production d’ouvrages.
Au terme de la tournée, la feuille de route reste claire : sécuriser les emprises, finaliser les déviations, accélérer le bétonnage des sections critiques et préparer la signalisation définitive. Le cap de janvier 2026 sert d’horizon pour la boucle centrale, avec un bénéfice attendu en termes de temps de parcours, d’accès aux services et de circulation des marchandises vers le centre-ville.
— M. KOSI



