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Budget 2026, entre 16 et 18 milliards USD pour viser 5,3 % de croissance et stabiliser l’économie congolaise

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Adolphe Muzito, Vice-Premier Ministre et Ministre du Budget, porte devant les institutions un projet de loi de finances 2026 annoncé entre 16 et 18 milliards USD, soit autour de 55 000 milliards CDF. Dans sa construction, l’enveloppe combine environ 12 milliards USD de ressources propres et 4 à 6 milliards USD de financements extérieurs et d’appuis budgétaires. Le message est clair, accroître la capacité de financement public pour soutenir la reconstruction, tout en affichant une trajectoire macroéconomique avec 5,3 % de croissance visée et une réduction de l’inflation présentée comme une baisse d’environ 7 %.

Sur le plan technique, l’équilibre du budget dépend d’abord de la solidité des recettes domestiques. Les ressources propres, impôts, taxes et redevances, restent la variable centrale, car elles conditionnent l’exécution réelle des dépenses. Les appuis extérieurs, eux, apportent un complément mais exposent aussi l’État à des décaissements souvent liés à des critères de gestion, de transparence et de soutenabilité.

D’où viendront les recettes et ce que la trajectoire 2030 implique

Le ministre inscrit 2026 dans une perspective plus longue, avec une cible de PIB doublé d’ici 2030, de 72 milliards USD à 145 milliards USD, et des recettes annuelles portées à 25 milliards USD. Dit autrement, la stratégie suppose une hausse durable du rendement fiscal, donc une base taxable plus large, un meilleur recouvrement et une limitation des fuites. Sans ces gains, un budget en hausse augmente mécaniquement la tension sur le financement, avec un risque de retards de paiement, d’arriérés, ou de recours accru à des financements coûteux.

Les priorités affichées sont structurées autour de trois blocs. D’abord les infrastructures, avec la poursuite du port en eau profonde de Banana et le désenclavement par les routes nationales. L’enjeu économique est de réduire les coûts logistiques, qui se répercutent sur les prix, sur la compétitivité des entreprises et sur les recettes douanières. Ensuite le social, avec la Couverture Santé Universelle, incluant la gratuité de la maternité, et l’éducation. Le financement repose sur l’hypothèse d’une mobilisation de recettes plus élevée, car ces programmes deviennent rapidement incompressibles une fois engagés. Enfin, la masse salariale de l’État, avec l’annonce d’une amélioration de la grille des agents et fonctionnaires, un poste sensible car il pèse directement sur le budget courant et laisse moins d’espace aux investissements si les recettes ne progressent pas au même rythme.

Le volet sécurité est présenté comme la condition de la stabilité économique. Muzito soutient l’accord de cessez-le-feu lié au processus de Luanda et au leadership du président Félix Tshisekedi, tout en martelant une doctrine de dissuasion. Une programmation militaire prévoit 5 milliards USD sur cinq ans pour l’équipement et la montée en puissance des FARDC. Pour les finances publiques, ce type d’engagement est lourd, il impose une planification pluriannuelle et une discipline d’exécution, car les dépenses de défense sont difficiles à réduire rapidement en cas de choc sur les recettes.

Au total, le projet 2026 repose sur une équation simple mais exigeante, augmenter les recettes domestiques, sécuriser les décaissements extérieurs et tenir une trajectoire de désinflation, tout en finançant infrastructures, social et défense sans créer d’arriérés ni déséquilibrer la stabilité macroéconomique.

M. KOSI

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