Le gouvernement congolais prévoit de mobiliser davantage de ressources en 2026 via les comptes spéciaux. La loi des finances 2026 chiffre ces recettes à 4 404,2 milliards de CDF, soit plus de 1,5 milliard USD au taux budgétaire moyen de 2 900,1 CDF pour 1 USD.
Par rapport à 2025, la progression annoncée est de 9,0 %. L’an dernier, les recettes des comptes spéciaux avaient été arrêtées à 4 039,2 milliards de CDF. Cette hausse traduit une volonté des autorités de mieux suivre ces flux et d’améliorer l’efficacité des fonds affectés à des usages précis.
Les comptes spéciaux correspondent à des comptes d’affectation spéciale déjà identifiés dans les finances publiques congolaises. Leur logique est simple : à la différence des recettes ordinaires du budget général, ces ressources ne vont pas dans un “pot commun”. Elles sont réservées à des missions ou programmes déterminés, comme le prévoit la loi relative aux finances publiques.
Concrètement, ces recettes peuvent venir de redevances, de contributions sectorielles, de prélèvements spécifiques ou encore de produits liés à des politiques publiques ciblées. L’encadrement annoncé vise à garantir que l’argent collecté finance uniquement l’objectif pour lequel le compte a été créé, par exemple le soutien à certains secteurs, la régulation de filières économiques ou l’appui à des services publics spécialisés.
Des recettes “hors budget général” en hausse aussi via les budgets annexes
Le gouvernement table aussi sur une progression des budgets annexes, dont les recettes sont projetées à 962,3 milliards de CDF en 2026. Cela représente une hausse de 6,6 % par rapport à 2025, où elles étaient estimées à 903 milliards de CDF.
Ces recettes proviennent principalement des activités des établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire, des hôpitaux généraux de référence répertoriés, ainsi que de certains organismes auxiliaires reclassés en budgets annexes, conformément à l’article 231 de la loi relative aux finances publiques.
À travers ces prévisions, l’exécutif cherche à consolider les ressources qui ne relèvent pas directement du budget général, tout en les intégrant dans un cadre budgétaire présenté comme unifié. Les comptes spéciaux et les budgets annexes sont ainsi présentés comme des leviers complémentaires pour financer des politiques publiques, avec une meilleure lisibilité des flux liés à certaines missions de l’État.
— M. KOSI


