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PLF 2026, le Reged juge la santé, l’éducation et l’agriculture encore trop peu financées malgré un budget de 22,3 milliards USD

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Last updated: janvier 8, 2026 7:44 am
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Le budget national prévu dans le projet de loi de finances 2026 atteint 22,3 milliards USD, en hausse sur le papier. Mais, pour le Réseau gouvernance économique et démocratie (Reged), les montants réservés à la santé, à l’éducation et à l’agriculture ne suivent pas les besoins et restent en recul dans la structure des dépenses.

Dans un rapport intermédiaire d’analyse du PLF 2026, l’organisation de la société civile affirme que les choix budgétaires ne reflètent pas une mise en avant des services essentiels, alors que ces secteurs portent des enjeux quotidiens, accès aux soins, école, production alimentaire.

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Le budget national prévu dans le projet de loi de finances 2026 atteint 22,3 milliards USD, en hausse sur le papier. Mais, pour le Réseau gouvernance économique et démocratie (Reged), les montants réservés à la santé, à l’éducation et à l’agriculture ne suivent pas les besoins et restent en recul dans la structure des dépenses.Des parts en baisse dans la santé et l’éducation, et moins de 2 % pour l’investissement agricole

Des parts en baisse dans la santé et l’éducation, et moins de 2 % pour l’investissement agricole

Sur la santé, le Reged relève une baisse de la place du secteur dans le budget. Les crédits annoncés s’établissent à 5 488,2 milliards CDF, soit 10,23 % du budget général. En 2025, le budget rectificatif donnait à la santé 13,5 % des dépenses publiques. Pour l’organisation, cette évolution fragilise les efforts pour étendre l’accès aux soins et relever la qualité des services, dans un pays où les besoins restent élevés sur l’ensemble du territoire.

Concrètement, une part plus faible signifie moins de marge pour financer les hôpitaux, l’achat de médicaments, la prise en charge des programmes de santé publique ou l’équipement. Quand la dépense publique ne suit pas, la pression se reporte souvent sur les ménages, par des paiements directs, ou sur les structures qui réduisent leurs prestations.

Le constat est similaire sur l’éducation. La part du budget consacrée au secteur en 2026 est annoncée à 12,41 %, contre 17,72 % en 2025. Cela représente une baisse de 5,31 points de pourcentage. Pour le Reged, ce mouvement intervient alors que la demande reste forte, notamment avec la gratuité de l’enseignement de base, la réhabilitation d’écoles, l’équipement et la rémunération du personnel enseignant.

Dans un budget, les pourcentages comptent autant que les montants. Même si l’enveloppe globale augmente, une baisse de la part peut traduire une priorité déplacée ailleurs. Le Reged met donc en avant un risque, celui de voir la mise en œuvre des politiques éducatives se heurter à des limites financières, alors que les attentes des familles restent constantes.

Le troisième bloc ciblé par l’analyse est l’agriculture. Le Reged insiste sur le non-respect des engagements régionaux, surtout l’accord de Maputo, qui recommande aux États africains d’allouer au moins 10 % de leur budget à ce secteur. Dans le PLF 2026, les dépenses d’investissement prévues pour l’agriculture ne représentent que 1,97 % du budget général, soit environ 1 058,7 milliards CDF.

Pour l’organisation, ce niveau d’investissement ne correspond pas aux ambitions de souveraineté alimentaire et de diversification de l’économie. L’agriculture concerne la production, la transformation, le stockage, le transport et l’accès au marché. Si l’investissement public reste faible, le secteur peine à gagner en productivité, et le pays reste plus exposé aux importations et aux chocs de prix.

Le Reged pointe aussi la dépendance extérieure du secteur agricole et le manque de soutien aux investissements productifs. Là encore, l’enjeu est très concret, disponibilité des produits, prix des denrées, revenus des producteurs, capacité à créer des emplois dans les chaînes de valeur locales.

Le directeur général du Reged, Djamba Samba wa Shako, résume la logique défendue par l’organisation dans une déclaration reprise dans le rapport : « Le travail que nous faisons sur le processus budgétaire est un travail continu. Il y a des secteurs que l’on considère comme prioritaires, même si ces priorités peuvent évoluer. Toutefois, il existe des secteurs de base sur lesquels nous insistons constamment : la santé, l’éducation et l’agriculture, pour des raisons évidentes ».

Dans le même document, l’organisation reconnaît aussi une progression sur une ligne budgétaire. Le Reged relève l’augmentation de 94,35 % de la rubrique « Interventions économiques, sociales, scientifiques et culturelles », passée de 688,9 milliards CDF (soit 279,2 millions USD) dans la version initiale du projet, à 1 338,9 milliards CDF (soit 542,7 millions USD) dans le texte adopté par l’Assemblée nationale. Pour l’organisation, cette hausse montre qu’il est possible de renforcer certaines enveloppes quand un choix politique est posé.

Au-delà du constat, le Reged formule des recommandations chiffrées. Il demande au gouvernement de réviser les arbitrages en rapprochant les allocations des engagements annoncés au niveau régional et international. L’organisation appelle à porter le budget de la santé à 15 % du budget national, en référence aux accords d’Abuja. Elle demande aussi de ramener la part de l’éducation à 20 % selon les engagements internationaux mentionnés par le réseau. Pour l’agriculture, le Reged rappelle l’objectif de 10 % prévu par l’accord de Maputo.

Le rapport insiste enfin sur la question des recettes publiques et de leur suivi. Le Reged plaide pour une meilleure fiabilisation des recettes non fiscales, un appui à la digitalisation de la collecte, et une amélioration de la traçabilité des ressources publiques, surtout celles liées à la DGRAD et aux recettes minières. Pour l’organisation, améliorer la collecte et la transparence peut créer des marges de manœuvre, à condition que les priorités sociales soient réellement financées dans les choix de dépenses.

— M. MASAMUNA

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