Le Guichet unique de création d’entreprise affirme que son application mobile permet désormais aux entreprenants d’accomplir leurs formalités en moins de 48 heures. Le Gouvernement veut étendre ces services en provinces et poursuivre la dématérialisation du processus de création d’entreprise.
Le Gouvernement congolais compte renforcer le Guichet unique de création d’entreprise pour accélérer l’intégration des activités informelles dans l’économie formelle. Le vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a évalué le 28 juillet 2026 le fonctionnement de cette institution et les outils numériques mis à la disposition des entrepreneurs.
Accompagné du ministre d’État chargé de la Justice, Guillaume Ngefa, il a visité les services participant à l’enregistrement des entreprises, dont la DGRAD, la banque chargée de percevoir les frais, le notariat, le bureau des folios, le service de vérification et le département informatique.
Le GUCE a présenté un nouveau site internet permettant aux porteurs de projets d’identifier la forme juridique correspondant à leur activité, de suivre l’évolution de leur dossier et de faciliter certaines démarches administratives. Une application distincte est également proposée aux entreprenants, un statut destiné aux opérateurs exerçant des activités économiques de petite taille.
Selon la direction du GUCE, cette application permet d’obtenir une reconnaissance administrative en moins de 48 heures. Ce délai reste une performance annoncée par l’institution et devra être apprécié à partir du nombre de dossiers effectivement traités, des délais moyens observés et de la disponibilité du service dans les différentes provinces.
La formalisation ne se limite pas à l’enregistrement
Le passage vers le secteur formel doit permettre à l’entrepreneur de disposer d’une existence juridique reconnue et de documents utilisables dans ses relations avec l’administration, les banques, les fournisseurs et les clients.
Cette reconnaissance peut faciliter l’ouverture d’un compte professionnel, la recherche de financement ou la participation à certains marchés. Elle ne garantit toutefois pas automatiquement l’accès au crédit, qui dépend également des revenus de l’activité, de sa comptabilité, de sa capacité de remboursement et des garanties demandées par les établissements financiers.
Pour l’État, la formalisation doit améliorer l’identification des unités économiques et la connaissance du tissu entrepreneurial. Elle peut aussi contribuer progressivement à l’élargissement de l’assiette fiscale, à condition que les coûts administratifs et fiscaux restent compatibles avec la taille des activités concernées.
Le ministère de l’Économie nationale avait lancé en décembre 2025 une campagne de préenregistrement des acteurs informels. Les données collectées doivent conduire à l’obtention d’une attestation délivrée par le GUCE et ouvrir progressivement l’accès à des dispositifs liés à la protection sociale, à la formation et au financement.
La collaboration entre le ministère et le GUCE a notamment permis la mise en place d’une plateforme destinée au programme de formalisation de masse et à la délivrance des attestations d’activité des entreprenants, désignées sous l’appellation E1.
Le GUCE demande une présence accrue en provinces
La directrice générale ad intérim du GUCE, Kisolokele Mvete, a plaidé pour l’ouverture de nouvelles représentations provinciales et la modernisation des équipements informatiques. L’objectif est de permettre aux entrepreneurs d’accomplir l’intégralité de la procédure en ligne, sans multiplier les déplacements entre plusieurs administrations.
L’extension géographique constitue une condition importante pour une politique de formalisation de masse. Une plateforme numérique reste difficilement accessible lorsque l’opérateur ne dispose pas d’une connexion stable, d’un équipement adapté ou d’un accompagnement pour remplir son dossier.
Le ministère de l’Économie avait déjà déployé en février 2026 des équipes dans le Grand Katanga pour préparer le préenregistrement des petits commerçants, artisans, garagistes et autres opérateurs informels. Les agents utilisaient une application destinée à centraliser les informations collectées à Lubumbashi, Likasi et Kolwezi.
Daniel Mukoko Samba a annoncé la publication prochaine des premiers résultats du programme. Ces données permettront d’évaluer le nombre d’opérateurs enregistrés, la rapidité des procédures et la capacité du GUCE à transformer les outils numériques présentés en services accessibles sur l’ensemble du territoire.
— J. KAKESA








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