spot_img

Budget de l’État congolais : recettes à 2.088 milliards de CDF, un excédent de 150,6 milliards de CDF réalisé

Partager

Les récentes données économiques de la Banque centrale du Congo (BCC), datées du 26 juillet 2024, révèlent que les régies financières du pays ont collecté des recettes de 2.088,2 milliards de CDF, représentant 75,6 % du montant prévu de 2.762,7 milliards de CDF. Bien que ces chiffres montrent une collecte en deçà des prévisions, la gestion budgétaire semble avoir été prudente et équilibrée, permettant de limiter les déséquilibres.

Une mobilisation des recettes en dessous des attentes

Les trois principales régies financières, à savoir la Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des douanes et accises (DGDA), et la Direction générale des recettes administratives, domaniales, judiciaires et de participation (DGRAD), ont toutes enregistré des performances inférieures à leurs objectifs respectifs. La DGI a collecté 1.378,3 milliards de CDF, soit 74,9 % des 1.839,0 milliards de CDF prévus. La DGDA, de son côté, n’a atteint que 438,7 milliards de CDF contre une prévision de 574,9 milliards de CDF, tandis que la DGRAD a recouvré 271,0 milliards de CDF, soit 81,5 % des 332,5 milliards de CDF attendus.

Cette contre-performance dans la collecte des recettes est à relativiser, étant donné que les impôts directs et indirects constituent toujours la principale source de financement de l’État congolais, représentant 66 % des recettes totales. La fiscalité douanière contribue à hauteur de 21 %, et la parafiscalité, à 13 %. Ces proportions illustrent la dépendance de l’État vis-à-vis des contributions fiscales, malgré une mobilisation en deçà des attentes.

Dépenses publiques : une gestion prudente malgré les contraintes

Du côté des dépenses, l’État a réussi à contenir ses dépenses publiques à 1.937,5 milliards de CDF, soit 72 % des prévisions mensuelles. Les dépenses courantes, qui comprennent les salaires des fonctionnaires (795,6 milliards de CDF), les frais de fonctionnement des institutions et ministères (285,8 milliards de CDF), et les subventions (217,6 milliards de CDF), ont été exécutées à 95,2 % des prévisions, atteignant 1.384,7 milliards de CDF. En matière de dépenses en capital, celles-ci se sont élevées à 466,2 milliards de CDF, avec un taux d’exécution de 82,2 %, traduisant une certaine efficacité dans la mise en œuvre des projets d’investissement.

Un excédent budgétaire malgré des recettes en baisse

L’exécution du plan de trésorerie de l’État s’est traduite par un excédent budgétaire de 150,6 milliards de CDF, soit plus du double des 71,8 milliards de CDF initialement prévus. Cet excédent a permis, entre autres, de rembourser les titres publics échus à hauteur de 97,3 milliards de CDF. Le solde budgétaire intérieur a également été excédentaire, atteignant 161,9 milliards de CDF contre une prévision de 82,6 milliards de CDF.

En somme, bien que les recettes fiscales n’aient pas atteint les niveaux escomptés, la gestion rigoureuse des finances publiques a permis de maintenir un excédent budgétaire et de respecter les engagements financiers de l’État. Ces chiffres témoignent d’une stratégie budgétaire qui, malgré des contraintes évidentes, a su contenir les dépenses tout en respectant les priorités nationales.

Peter MOYI

En savoir +

A la Une