La coopération entre la République Démocratique du Congo (RDC) et la France s’intensifie avec l’utilisation des Contrats de Désendettement et de Développement (C2D), un mécanisme innovant qui dépasse la gestion classique de la dette en orientant les fonds vers des projets à fort impact économique et social. Lors de la réunion du Comité d’Orientation et de Suivi (COS) tenue le 17 octobre 2024, les acteurs impliqués ont passé en revue les progrès réalisés et envisagé les nouvelles perspectives de ce partenariat stratégique.
Les C2D fonctionnent selon un principe simple : les créances dues par la RDC à la France sont réinvesties localement dans des projets de développement. En soutenant à la fois des réformes économiques et la réduction de l’endettement, cette coopération vise une transformation structurelle durable. En 2014, 106,35 millions d’euros ont été alloués, suivis d’une injection supplémentaire de 64,9 millions d’euros en 2019. Ces financements ciblés ont permis des avancées notables dans divers secteurs stratégiques de l’économie congolaise.
Les secteurs éducatif et de la formation professionnelle ont particulièrement bénéficié de ces fonds. Le programme ne se limite pas à la construction d’infrastructures mais cherche à aligner l’offre éducative sur les besoins du marché de l’emploi. Avec la construction de 700 salles de classe et le refinancement des salaires de 28 650 enseignants, la stabilisation du système éducatif devient une réalité tangible. En parallèle, 26 000 professionnels de l’éducation ont suivi une formation afin d’améliorer leurs compétences pédagogiques, avec un focus sur les provinces de Kinshasa, Bandundu et Kongo Central.
Les centres de formation professionnelle rénovés, notamment ceux de l’INPP à Goma, Boma et Kisangani, témoignent de cette volonté d’adapter les parcours aux exigences du marché de l’emploi local. Cette modernisation constitue un levier stratégique contre le chômage, en fournissant aux jeunes des compétences adaptées aux besoins économiques régionaux.
L’accès aux services essentiels figure également parmi les priorités du programme. Grâce à la mise en place de 23 mini-réseaux hydrauliques dans 24 quartiers de Kinshasa, plus de 400 000 habitants bénéficient désormais d’un meilleur accès à l’eau potable, contribuant ainsi à améliorer la santé publique et le bien-être de la population. Ces initiatives illustrent l’impact positif des investissements dans les infrastructures sur la qualité de vie des habitants.
Sur le plan de la gouvernance, l’informatisation des processus financiers joue un rôle clé. Avec la mise en place d’un réseau interconnecté via la fibre optique, les principales régies fiscales, la Banque centrale et le ministère des Finances peuvent désormais mieux gérer les ressources publiques. Ce système favorise la transparence et renforce la traçabilité des recettes, consolidant ainsi la stabilité économique du pays.
L’ambassadeur de France en RDC, Rémi Maréchaux, a souligné l’engagement financier accru de l’Agence Française de Développement (AFD). Le montant total des financements cumulés atteint désormais 530 millions d’euros sur la période 2022-2025, dépassant les prévisions initiales de 500 millions d’euros. Ce soutien accru reflète une volonté partagée de dépasser le cadre du désendettement pour promouvoir une croissance durable et inclusive.
Les discussions lors de la réunion du COS ont mis en lumière l’importance d’une coordination optimale des projets afin d’en maximiser l’impact. Les ministres présents ont insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse, garantissant que chaque euro investi se traduise en résultats concrets sur le terrain. Cette approche rigoureuse, combinée à une collaboration renforcée entre les deux pays, ouvre la voie à des opportunités économiques significatives et à une amélioration des conditions de vie des populations.
M.MATUVOVANGA



