Le cuivre termine l’année 2025 sur une trajectoire haussière. À la clôture du 24 décembre 2025, son prix s’établit à 12 116,7 USD la tonne, soit +2,6 % par rapport à la semaine précédente, selon des statistiques relayées par la Banque Centrale du Congo (BCC).
Sur un an, la progression reste élevée, +37,9 % par rapport à fin décembre 2024, et +33,9 % sur douze mois glissants.
Le mouvement s’explique d’abord par un décalage persistant entre l’offre et la demande. L’offre minière mondiale reste sous tension, avec des difficultés sur certains gisements et des contraintes logistiques qui pèsent encore sur la chaîne d’approvisionnement. En face, la demande tient, portée par les besoins liés à la transition énergétique.
Le cuivre joue un rôle central dans les systèmes électriques. On le retrouve dans les réseaux, les transformateurs, les éoliennes, les panneaux solaires, mais aussi dans les infrastructures de recharge et une partie des composants des véhicules électriques. Quand les pays investissent pour produire et transporter une énergie moins carbonée, ils consomment plus de cuivre. C’est l’un des liens directs entre « décarbonation » et prix des métaux.
Pour les économistes consultés par la BCC, cette demande suit de près les politiques publiques de réduction des émissions, surtout en Europe, en Chine et aux États-Unis. Un spécialiste des matières premières résume cette pression par une formule simple, en Markdown : « La transition énergétique mondiale nécessite des volumes de cuivre sans précédent, et cela se reflète dans les prix ». Il ajoute : « Les politiques publiques visant à réduire les émissions de carbone continuent de soutenir la demande, particulièrement en Europe, en Chine et aux États-Unis. »
À court terme, plusieurs facteurs restent surveillés par les opérateurs. Les restrictions de production dans certaines zones minières réduisent les marges de manœuvre du côté de l’offre. Les défis logistiques hérités de la période post-pandémie continuent aussi de perturber les flux. Les tensions géopolitiques, enfin, influencent les routes commerciales et les décisions d’achat, ce qui peut faire varier les cours rapidement.
Ce que ces prix peuvent changer pour la RDC, entre recettes et stratégie industrielle
Pour la République démocratique du Congo, grand pays producteur de cuivre, un niveau de prix élevé ouvre une fenêtre économique. Le mécanisme est assez direct : si les volumes exportés se maintiennent, des cours plus hauts augmentent la valeur des ventes à l’étranger. Cette valeur compte pour les entrées de devises, et elle peut se répercuter sur les recettes de l’État via la fiscalité du secteur et les revenus liés aux exportations.
L’enjeu dépasse la seule « bonne année » de prix. Des revenus d’exportation plus élevés peuvent soutenir des investissements, notamment dans les infrastructures, et renforcer l’activité du secteur minier local. Le point de vigilance reste la volatilité des marchés internationaux : le cuivre peut monter vite, puis corriger en fonction de décisions industrielles, de tensions commerciales ou d’un ralentissement de la demande mondiale.
La BCC appelle, dans ce contexte, à des réformes structurelles et à une meilleure intégration des industries locales. L’idée est simple : capter davantage de valeur sur place plutôt que de dépendre uniquement des ventes de matière première. Cette approche vise à rendre l’économie plus résistante quand les cours se retournent.
Au début de 2026, les spécialistes cités gardent des perspectives positives, tout en notant des incertitudes. La demande mondiale continue de progresser, mais les risques liés à une possible récession dans certaines grandes économies, ainsi que des facteurs climatiques et politiques, peuvent influencer les cours à court et moyen terme.
— M. KOSI



