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Franc congolais, le dollar repasse sous 2 200 CDF à l’approche des fêtes

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Last updated: décembre 22, 2025 7:27 am
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il y a 5 mois
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Le franc congolais continue de se renforcer sur le marché officiel. Le lundi 22 décembre 2025, la Banque Centrale du Congo affiche un taux indicatif de 2 199,4137 CDF pour 1 dollar américain, contre 2 239,4 CDF une semaine plus tôt. La baisse est modeste en apparence, mais elle confirme une orientation plus stable du marché des changes après plusieurs mois de tension.

L’euro recule également, à 2 576,3874 CDF, tandis que le yuan chinois s’établit à 312,3740 CDF. Autrement dit, le franc regagne du terrain face aux trois principales monnaies utilisées dans les échanges commerciaux et financiers du pays.

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Le franc congolais continue de se renforcer sur le marché officiel. Le lundi 22 décembre 2025, la Banque Centrale du Congo affiche un taux indicatif de 2 199,4137 CDF pour 1 dollar américain, contre 2 239,4 CDF une semaine plus tôt. La baisse est modeste en apparence, mais elle confirme une orientation plus stable du marché des changes après plusieurs mois de tension.Un marché plus ordonné, un test pour la politique monétaire

Un marché plus ordonné, un test pour la politique monétaire

Derrière ces décimales, la configuration technique du marché mérite attention. La BCC publie un cours acheteur moyen du dollar à 2 155,4255 CDF et un cours vendeur moyen à 2 243,4020 CDF. L’écart entre les deux, ce que les spécialistes appellent l’écart de change, reste relativement contenu. Quand cet écart se resserre, cela traduit en général un marché mieux alimenté en devises et des anticipations moins nerveuses des banques et des cambistes agréés.

Ce tableau contraste avec les épisodes de forte volatilité des années précédentes, où l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente s’élargissait, signe d’incertitude et de risques accrus. Dans ces périodes, le marché informel imposait parfois des prix très éloignés des références officielles, au détriment des ménages et des entreprises qui devaient se fournir en urgence.

Cette fois, plusieurs facteurs se conjuguent. L’inflation a ralenti au cours du dernier trimestre, ce qui signifie que la hausse générale des prix, même si elle reste présente, progresse moins vite. La Banque Centrale continue d’intervenir sur le marché des changes pour lisser les mouvements brusques et rappeler sa fonction de fournisseur de liquidité en dernier ressort. De son côté, le Trésor public a réduit son recours au financement monétaire, c’est-à-dire à l’argent injecté directement par la Banque Centrale pour couvrir le déficit budgétaire, pratique qui alimente souvent les tensions sur les prix et le taux de change.

La baisse récente des prix des produits pétroliers renforce ce mouvement. Les coûts de transport pèsent lourd dans la formation des prix sur les marchés, dans un pays où la logistique reste fragile. Lorsque le carburant se détend, la pression se réduit sur une chaîne entière de coûts, des grossistes aux détaillants.

Sur le terrain, l’impact se ressent progressivement. Un dollar légèrement en dessous du seuil symbolique de 2 200 CDF signifie que les importations coûtent un peu moins cher en monnaie locale. Aliments importés, médicaments, intrants pour l’agriculture et l’industrie, tout ce qui dépend des devises subit un moindre choc. Les consommateurs ne voient pas le changement du jour au lendemain, car les commerçants écoulent d’abord leurs stocks achetés plus chers. Mais le risque de flambée brutale des prix se réduit à court terme.

Pour les entreprises qui dépendent fortement des importations, ce mouvement améliore la visibilité. Un taux de change plus stable leur permet de planifier leurs achats, d’ajuster leurs prix de vente et de gérer la trésorerie avec un peu plus de précision. Pour les exportateurs, la situation est plus délicate. Ils continuent d’encaisser leurs recettes en dollars ou en euros, mais lorsqu’ils les convertissent, ils obtiennent moins de francs qu’auparavant. Leur marge dépend donc davantage de leur capacité à contenir les coûts locaux et à gagner en productivité.

La question des recettes publiques reste, elle, au cœur des échanges entre autorités. La Banque Centrale met en avant un indicateur politique, les recettes intérieures ont dépassé les objectifs budgétaires jusqu’à fin novembre 2025, malgré l’appréciation de la monnaie nationale. Elle y voit un argument en faveur de la solidité relative du cadre actuel.
Le ministère des Finances appelle à une lecture plus fine. Certaines recettes fiscales sont encaissées par anticipation, d’autres sont liées à des opérations exceptionnelles ou à des cycles propres à certains secteurs. Le ministère insiste sur la nécessité de replacer ces chiffres dans le dispositif négocié avec le FMI, qui repose sur des cibles de déficit, de dette et de financement intérieur à respecter sur la durée, pas seulement sur quelques mois favorables.

Un point fait consensus, le marché des changes est aujourd’hui plus calme, moins exposé aux comportements spéculatifs, avec des écarts de taux plus serrés entre les différents segments. Dans ce contexte, la BCC répète son message à la population, privilégier les banques et les bureaux de change agréés, se méfier des cambistes de rue qui profitent souvent des périodes de transition ou de rumeur pour imposer des prix éloignés des références officielles.

À l’approche des fêtes de fin d’année, cette accalmie monétaire offre un répit, même fragile, aux ménages comme aux opérateurs économiques. Elle ne suffit pas à corriger les faiblesses structurelles de l’économie congolaise, mais elle donne un peu d’espace aux politiques publiques. La vraie épreuve se jouera en 2026, conserver un franc congolais plus stable exigera une coordination plus serrée entre la politique monétaire, la gestion budgétaire et un contrôle plus ferme du marché des changes, aussi bien officiel qu’informel.

M. KOSI,

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