Le Nigeria conserve la tête avec 4,9 milliards € d’échanges en 2024, devant l’Afrique du Sud (3,1 milliards €) et la Côte d’Ivoire (2,6 milliards €). Au total, le commerce France–Afrique subsaharienne atteint 24,1 milliards €. Le déficit français se réduit à –2,2 milliards € contre –2,6 milliards € en 2023, sous l’effet conjugué d’exportations en hausse de +1,7 % et d’importations en baisse de –1,1 %. Signal clair : la demande adressée à l’industrie française se tient, tandis que la facture à l’achat recule.
Des flux mieux orientés et une géographie des partenaires qui s’élargit
Le podium se stabilise pour la troisième année consécutive. Après le trio de tête, l’Angola affiche 2,1 milliards €, le Sénégal 1,2 milliard € et le Cameroun 1 milliard €. Plusieurs trajectoires retiennent l’attention par leur accélération : l’Éthiopie double presque ses échanges (800 millions € en 2024 contre 420 millions € en 2023), la Côte d’Ivoire progresse à 2,6 milliards € après 2,4 milliards €, le Tchad monte à 720 millions € contre 530 millions €, le Sénégal passe à 1,2 milliard € contre 1,1 milliard €.
Côté structure, la réduction du déficit s’explique par une composition sectorielle plus favorable : montée des ventes de biens d’équipement, de produits pharmaceutiques et d’agroalimentaire transformé côté export, repli des achats d’hydrocarbures, de produits agricoles de base et de minerais côté import. L’impact prix joue, tout comme l’allègement des volumes dans l’énergie. Pour les entreprises françaises, l’environnement reste porteur sur plusieurs marchés à forte population ou à base industrielle diversifiée.
Le Nigeria demeure l’axe central, porté par l’énergie et une demande régulière en équipements et services. L’Afrique du Sud garde son rôle de hub régional, avec un tissu industriel qui appelle des intrants et des technologies. La Côte d’Ivoire confirme un profil de place logistique et de transformation en Afrique de l’Ouest, tirant les flux de biens intermédiaires et d’infrastructures. Les hausses en Éthiopie et au Tchad signalent des relais moins volatils qu’autrefois, avec des besoins récurrents en travaux publics, intrants industriels et solutions énergétiques.
En toile de fond, la carte des partenaires s’élargit au-delà des zones d’influence habituelles. Les résultats 2024 montrent des circuits commerciaux plus équilibrés et une meilleure tenue des marges à l’export. Tant que la demande africaine en équipements, santé et agro-industrie reste soutenue et que la facture énergétique demeure contenue, la liquidité du commerce bilatéral se renforce côté France, avec un déficit plus gérable au fil des trimestres.
— Peter MOYI



