Le complexe minier de Kamoa-Kakula, dans le Lualaba, vendra son acide sulfurique autour de 840 USD la tonne en juillet 2026. Ivanhoe Mines présente ce niveau comme un record pour les contrats conclus avec les exploitations minières voisines du Copperbelt congolais.
Cette indication ne représente pas nécessairement le prix moyen pratiqué par l’ensemble des fournisseurs en RDC. Elle correspond aux contrats de juillet conclus par Kamoa-Kakula pour un acide à forte concentration vendu directement à la sortie de son complexe industriel.
Le prix a progressé rapidement depuis le début de l’année. Au premier trimestre, Kamoa-Kakula avait vendu 107 700 tonnes à six clients, pour un prix moyen de 467 USD la tonne. Un contrat de livraison pour juin avait ensuite été négocié à 725 USD la tonne. Le niveau annoncé pour juillet représente une hausse d’environ 80 % par rapport à la moyenne du premier trimestre.
112 307 tonnes produites au deuxième trimestre
La fonderie de Kamoa-Kakula a produit 112 307 tonnes d’acide sulfurique entre avril et juin 2026. Elle fonctionne actuellement à un rythme moyen de 1 250 tonnes par jour, soit une capacité annualisée proche de 450 000 tonnes, contre une capacité nominale de 700 000 tonnes par an. À la fin du trimestre, environ 11 300 tonnes restaient stockées sur le site.
L’acide sulfurique est obtenu comme sous-produit de la fusion du cuivre. Sa vente permet ainsi à Kamoa-Kakula de créer une source supplémentaire de revenus tout en alimentant les producteurs de cuivre et de cobalt installés dans la région. Ivanhoe avait notamment identifié Glencore et Eurasian Resources Group parmi ses clients.
La RDC représente un marché estimé à près de 2 millions de tonnes par an. L’acide est principalement utilisé dans le traitement hydrométallurgique des minerais oxydés. Il permet de dissoudre le cuivre et le cobalt avant les étapes de récupération et de purification.
Une hausse qui alourdit les coûts des producteurs
La montée des prix s’explique par la tension sur l’approvisionnement régional. La Zambie, fournisseur traditionnel des mines congolaises, avait limité ses exportations afin de protéger son marché intérieur. Deux producteurs zambiens ont été autorisés en mai à reprendre une partie des livraisons vers la RDC, mais les volumes restent encadrés.
Les perturbations internationales sur le marché du soufre ont également réduit la disponibilité de la matière première utilisée pour fabriquer l’acide. Plusieurs mines congolaises ont pu limiter les effets immédiats grâce à leurs contrats à long terme, à leurs stocks et à leurs fournisseurs régionaux. Le ministère des Mines n’exclut toutefois pas une hausse durable des coûts et des délais d’approvisionnement.
Pour les producteurs qui consomment beaucoup d’acide sulfurique, le passage de 467 à environ 840 USD la tonne peut peser sur les marges. L’effet exact varie selon la qualité du minerai, la quantité d’acide nécessaire au traitement, les stocks disponibles et les conditions négociées avec les fournisseurs.
Aucune donnée publique consolidée ne permet encore d’établir le prix moyen payé par toutes les mines du Lualaba et du Haut-Katanga, ni le coût supplémentaire par tonne de cuivre ou de cobalt produite. Le tarif annoncé par Ivanhoe constitue néanmoins un indicateur de la pression exercée sur les intrants miniers.
Cette situation place Kamoa-Kakula dans une position particulière. Le complexe bénéficie de la hausse d’un produit indispensable à plusieurs concurrents, alors que sa fonderie poursuit elle-même la montée en puissance de sa production de cuivre. Pour l’industrie minière congolaise, la disponibilité locale de l’acide réduit une partie de la dépendance aux importations, mais son prix élevé augmente les charges des usines hydrométallurgiques.
— M. KOSI









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