Présidée par la ministre d’État chargée des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, la rencontre a réuni des membres du Conseil de sécurité, des représentants d’États, des organisations régionales, des partenaires internationaux, la société civile, le monde académique et le secteur privé. Elle s’inscrit dans le programme de la présidence congolaise du Conseil de sécurité pour le mois de juillet.
La RDC part d’un constat. Plusieurs mécanismes existent déjà pour retracer l’origine des minerais, contrôler les chaînes d’approvisionnement et empêcher leur utilisation dans le financement des groupes armés. Mais ces dispositifs restent dispersés, inégalement appliqués et insuffisamment coordonnés. Kinshasa estime que cette fragmentation réduit leur efficacité dans les régions où l’exploitation illégale des ressources entretient les violences.
Trois priorités portées par la délégation congolaise

La position congolaise repose d’abord sur une meilleure harmonisation des mécanismes de certification. L’objectif serait de rapprocher les normes nationales, régionales et internationales afin d’éviter la multiplication de systèmes qui ne partagent pas toujours les mêmes données, les mêmes critères et les mêmes obligations.
La RDC plaide également pour que les politiques de traçabilité produisent davantage d’effets dans les communautés minières artisanales. Identifier l’origine d’un minerai ne suffit pas lorsque les populations vivant autour des sites restent confrontées à la pauvreté, à l’insécurité, aux mauvaises conditions de travail et à un accès limité aux services essentiels.
Cette orientation rejoint la position défendue par la Fondation Panzi avant la réunion. L’organisation estime que les dispositifs actuels restent trop centrés sur la gestion des risques supportés par les entreprises. Elle demande que les futurs cadres accordent davantage de place au partage des bénéfices, à la participation des communautés et à la réparation des préjudices.
Le troisième axe consiste à faire reconnaître les pays producteurs comme des partenaires stratégiques de l’économie mondiale. Pour la RDC, la demande en cuivre, cobalt, lithium, étain et autres minerais critiques ne doit pas seulement sécuriser les approvisionnements des industries étrangères. Elle doit aussi soutenir la transformation locale, l’emploi, les infrastructures et une répartition plus équilibrée de la valeur.
Cette approche revient à faire évoluer la traçabilité. Celle-ci ne devrait plus servir uniquement à contrôler l’origine des produits et à protéger la réputation des acheteurs. Elle devrait aussi contribuer au développement des territoires d’extraction et à la réduction des causes économiques qui facilitent le recrutement par les groupes armés.
Une réunion politique sans décision contraignante
La rencontre du 13 juillet ne constitue pas une séance formelle du Conseil de sécurité. Les réunions selon la formule Arria sont des espaces informels convoqués par un ou plusieurs membres afin d’entendre des États, des experts, des organisations ou des représentants de la société civile. Elles ne débouchent pas directement sur une résolution obligatoire.
Son intérêt réside dans la préparation d’un débat plus large. L’ambassadeur congolais auprès des Nations Unies, Zénon Mukongo Ngay, avait expliqué que Kinshasa voulait examiner la possibilité de construire une base internationale plus cohérente sur la gouvernance des ressources naturelles. Il a notamment relevé l’absence d’une résolution du Conseil de sécurité exclusivement consacrée à cette question.
Cette réflexion doit se poursuivre le 22 juillet 2026 lors d’un débat public de haut niveau consacré à la gouvernance des ressources naturelles comme fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité. Cette séance doit être présidée par Félix Tshisekedi.
La démarche congolaise place la responsabilité sur l’ensemble de la chaîne. Les États producteurs doivent renforcer leurs institutions, combattre la fraude et sécuriser les sites. Les entreprises doivent contrôler leurs fournisseurs et publier des informations fiables. Les pays consommateurs doivent veiller à ce que leur demande ne finance pas les conflits et ne maintienne pas les communautés minières dans la précarité.
Pour la RDC, la difficulté sera de transformer ce débat diplomatique en engagements applicables. L’unification des règles, la transparence des circuits commerciaux et l’investissement dans les zones minières nécessiteront des accords entre les États, les entreprises et les organisations internationales. Sans mécanisme de suivi, les principes défendus à New York risquent de rester éloignés des réalités vécues dans les territoires d’extraction.
— M. KOSI









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