La RDC affiche une croissance solide et une inflation ramenée de 11,7 % à 2,3 %, mais plus de 80 % de sa population vit encore sous le seuil de pauvreté. C’est le constat central du rapport de la Banque mondiale intitulé « Du parking à la voie rapide : Réformer les entreprises publiques », présenté mardi 24 mars à Kinshasa. La croissance, tirée presque exclusivement par le cuivre, ne génère pas suffisamment d’emplois et reste déconnectée des besoins de la majorité des Congolais.
Le rapport identifie les entreprises publiques comme le principal frein au développement. Entre 2014 et 2023, ces structures ont cumulé plus de 5 milliards de dollars de pertes, aggravant la dette publique et réduisant les marges disponibles pour les investissements essentiels dans les services de base.
La Banque mondiale formule quatre recommandations. Renforcer la transparence dans la gestion de ces entreprises. Séparer clairement leurs missions commerciales de leurs missions de service public. Réformer en profondeur leur gouvernance. Professionnaliser leur management.
« Des réformes profondes sont indispensables pour faire des entreprises publiques de véritables moteurs de croissance, capables d’améliorer les services et de créer des emplois », a déclaré Albert Zeufack, directeur de division de la Banque mondiale pour la RDC.
Une croissance à deux vitesses qui creuse les inégalités
Le tableau dressé par le rapport est celui d’une économie à deux vitesses. D’un côté, un secteur minier dynamique qui tire les indicateurs macroéconomiques vers le haut. De l’autre, une économie productive peu diversifiée, des entreprises publiques déficitaires et une population dont les conditions de vie s’améliorent peu malgré les années de croissance.
La Banque mondiale avertit que sans modernisation des entreprises stratégiques de l’État, la RDC continuera de connaître une croissance déconnectée des besoins réels de sa population. Les réformes engagées dans plusieurs secteurs devront s’accompagner d’une transformation profonde de la gouvernance des entreprises publiques pour que la croissance minière se traduise enfin en amélioration du bien-être des Congolais.
— Peter MOYI


