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L’assurance en RDC : de 1% aujourd’hui à 5-7% en 2030, soutenue par 35% de mobile money et un secteur informel à 85%.

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La transformation du secteur de l’assurance en République Démocratique du Congo se dessine dans un contexte de modernisation des pratiques et d’adaptation aux mutations économiques. Avec une couverture inférieure à 1 %, le système actuel peine à répondre aux besoins d’une population jeune et d’une économie en mutation. Le secteur informel, qui représente environ 85 % de l’activité économique, réduit l’accès des ménages et des entreprises aux produits d’assurance classiques, traditionnellement conçus pour des profils bancarisés. La faible bancarisation – moins de 15 % de la population dispose d’un compte bancaire – contraste avec l’expansion des services financiers mobiles, utilisés par près de 35 % des Congolais. Ces services ouvrent la voie à des offres d’assurance modulables, notamment par l’intermédiaire d’opérateurs tels qu’Orange Money et M-Pesa.

Dans le secteur agricole, pilier de l’économie contribuant à environ 40 % du PIB, moins de 2 % des exploitants bénéficient d’une protection contre les risques climatiques. Des initiatives inspirées de programmes expérimentés dans des pays voisins cherchent à automatiser les indemnisations en se basant sur des données satellitaires, telles que la pluviométrie et les variations de température. Ce dispositif permettrait d’adapter les contrats aux fluctuations environnementales et de réduire les pertes subies par les exploitants.

Sur le plan de la régulation, l’Autorité de Régulation et de Contrôle des Assurances procède à une refonte de ses méthodes de surveillance. Un récent rapport de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances indique que le manque de suivi des acteurs locaux freine la confiance des investisseurs et complique la diversification de l’offre. L’harmonisation des normes régulatoires au niveau régional pourrait contribuer à améliorer la transparence et attirer des capitaux étrangers dans des secteurs comme les mines et l’énergie.

L’innovation technologique se présente comme une voie complémentaire pour optimiser les processus. L’exemple du Rwanda, où les systèmes de santé digitalisés assurent une couverture de près de 80 % de la population, contraste avec la situation en RDC, où moins de 10 % des citoyens bénéficient d’une assurance maladie. L’intégration de solutions numériques, telles que les chatbots pour la gestion des sinistres ou la blockchain pour sécuriser les contrats, pourrait réduire les coûts opérationnels de 20 à 30 %, d’après certaines estimations économiques.

Les limitations infrastructurelles restent un frein, puisque 65 % des Congolais n’ont pas accès à l’électricité et seulement 18 % utilisent régulièrement Internet. La mise en place de partenariats entre les secteurs public et privé apparaît comme une solution pour combler ces lacunes et favoriser l’expansion des services d’assurance. Dans ces conditions, des projections estiment qu’un taux de couverture de 5 à 7 % pourrait être atteint d’ici 2030, améliorant ainsi la résilience des foyers et stimulant la confiance dans les investissements économiques.

— M. KOSI

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