Le gouvernement nigérian a récemment pris une décision qui pourrait remodeler le paysage énergétique du pays. Lundi, il a autorisé la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) à fournir directement du pétrole brut à la raffinerie Dangote, une infrastructure clé estimée à 20 milliards de dollars et considérée comme la plus grande raffinerie de pétrole en Afrique. Cette mesure vise à garantir une production continue et optimale de la raffinerie, qui a été mise en service en janvier, mais a jusqu’à présent peiné à atteindre sa pleine capacité de 650 000 barils par jour en raison de difficultés d’approvisionnement.
Zacch Adedeji, membre du cabinet présidentiel et président de la Federal Inland Revenue Service (FIRS), a officiellement communiqué cette décision lors d’une conférence de presse. Selon lui, cet accord offre à la NNPC l’autorisation immédiate de vendre du pétrole brut non seulement à la raffinerie Dangote, mais également à d’autres raffineries locales. En parallèle, les raffineries sont désormais habilitées à vendre des carburants raffinés aux négociants locaux en naira, la monnaie nigériane.
Avant cet accord, la raffinerie Dangote devait se tourner vers le marché international pour s’approvisionner en pétrole brut. Cette situation avait engendré des complications majeures, notamment des tensions avec les compagnies pétrolières internationales, accusées par Dangote de restreindre l’accès au brut nigérian en imposant des prix au-dessus des tarifs du marché, ou en prétendant que le brut local n’était pas disponible. Ces pratiques forçaient la raffinerie à se replier sur des importations coûteuses, compromettant ainsi sa viabilité économique.
Début août, un accord important avait déjà été conclu entre le régulateur pétrolier nigérian et les producteurs de pétrole pour permettre la vente de brut aux raffineries nationales à des prix de marché. Cette entente visait à résoudre un différend qui avait longtemps perturbé l’approvisionnement en pétrole brut au Nigéria, exacerbant les tensions entre le gouvernement et les multinationales du secteur pétrolier. En ouvrant l’accès au brut local à des conditions compétitives, l’exécutif nigérian espère stimuler la production nationale tout en réduisant la dépendance aux importations.
L’autorisation de vente directe de brut à la raffinerie Dangote marque une avancée significative pour l’industrie pétrolière nigériane. En optimisant le fonctionnement de la plus grande raffinerie d’Afrique, le gouvernement aspire non seulement à répondre à la demande nationale en produits pétroliers, mais aussi à renforcer les exportations, ce qui pourrait augmenter les revenus du pays.
En outre, la possibilité offerte aux raffineries locales de vendre leurs produits en naira pourrait avoir un impact positif sur l’économie en réduisant la dépendance vis-à-vis du dollar américain. Cette stratégie pourrait aussi contribuer à stabiliser les prix des carburants sur le marché intérieur, un avantage non négligeable pour les consommateurs nigérians.
L’annonce faite par le gouvernement nigérian reflète une volonté claire de revitaliser l’industrie pétrolière du pays en surmontant les obstacles d’approvisionnement et en assurant un accès stable et économique au pétrole brut. Cette décision pourrait ainsi renforcer la sécurité énergétique du Nigéria et consolider sa position sur le marché mondial des hydrocarbures.
Aliko Dangote, fondateur de la raffinerie, a révélé que son installation a récemment obtenu une licence pour raffiner plus de 300 000 barils de brut nigérian par jour. Selon lui, le traitement de l’essence pourrait débuter sous peu, ouvrant la voie à une nouvelle ère de production pétrolière domestique.
Article rédigé par M. KOSI





