Le franc congolais s’apprécie face au dollar. Après un pic observé en août autour de 2 850 FC pour 1 USD, des cours de 2 300 FC s’affichent chez certains opérateurs, avec des niveaux relevés ailleurs entre 1 800, 1 900 et 2 000 FC pour 1 USD. Le Chef de l’État exige que cette appréciation se reflète vite dans les prix à la consommation et déclenche un suivi serré du marché.
Le Président Félix Tshisekedi a demandé, lors de la 63e réunion du Conseil des ministres, un mécanisme de contrôle pour faire passer le gain de change dans le panier de la ménagère. La ligne est claire : vérité des prix, protection du pouvoir d’achat, stabilité monétaire et lutte contre la spéculation. Les ententes illicites, pratiques opportunistes et manipulations dénoncées devront être sanctionnées. Les ministères économiques sont chargés de renforcer surveillance, traçabilité et transparence tout au long de la chaîne d’approvisionnement, avec une attention particulière aux produits de base. Le public est invité à signaler toute variation injustifiée.
Ce que change la baisse du taux directeur
La Banque centrale du Congo (BCC) est appelée à consolider la régulation du marché des changes et à faire respecter le taux officiel sur tout le territoire en intensifiant contrôles, supervision et communication. La séquence monétaire récente s’appuie sur plusieurs actions : intervention directe sur le marché le 18 août 2025 via une cession de 50,0 millions USD, actualisation du taux de change appliqué au stock de réserve obligatoire sur dépôts en dollars (cristallisée en monnaie nationale depuis décembre 2021) avec une ponction de 371 milliards pour le premier palier, organisation plus transparente du marché des changes et meilleure gestion de la liquidité bancaire.
Dans ce contexte, le Comité de politique monétaire (CPM) a décidé d’assouplir sa position : taux directeur ramené de 25,0 % à 17,5 % (–750 points de base) et facilité de prêt marginal abaissée de 30,0 % à 21,5 %. L’objectif est de transmettre plus vite l’amélioration des conditions de financement à l’économie réelle tout en gardant l’ancrage anti-inflation. La réussite dépendra du respect des prix de référence, de la discipline des intermédiaires et de la capacité de la BCC à contenir les comportements spéculatifs.
Le mandat politique et monétaire converge : rallonger la visibilité de l’appréciation du FC dans les prix et éviter les dérives qui rongent la confiance. Si les baisses observées sur certains produits se confirment, l’effet combiné d’un change plus fort et d’un coût de l’argent plus bas pourrait relâcher la pression sur les ménages. La condition reste inchangée : discipline des prix sur le terrain, contrôle public et communication régulière sur les repères du marché.
— M. KOSI



