À New York, le 25 septembre 2025, Buenassa et Hartree Partners ont signé un protocole d’accord en marge de la 80e Assemblée générale de l’ONU. Le texte encadre la coopération financière, logistique et commerciale autour d’une raffinerie de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo. Eddy Kioni (Buenassa) et Stephen Hendel (Hartree Partners) officialisent ainsi une étape structurante pour transformer localement des minerais que la RDC exporte encore trop souvent à l’état semi-brut.
Capex, débouchés et chaîne d’approvisionnement : ce que change l’accord

Le protocole vise d’abord la mobilisation de capitaux et la sécurisation des flux physiques. Une raffinerie exige des investissements lourds (capex) pour les unités d’électro-raffinage et d’hydrométallurgie, des contrats fermes pour l’acheminement des intrants (énergie, réactifs, anodes) et un plan clair pour les résidus afin de réduire le risque opérationnel. L’apport d’un négociant mondial comme Hartree Partners couvre la structuration des achats, la gestion des stocks en transit, la couverture prix et change, et l’accès à un portefeuille d’acheteurs finaux. Résultat recherché : des marges plus stables et une meilleure visibilité sur la trésorerie.
Pour l’État congolais, l’intérêt est immédiat : plus de valeur captée sur le territoire, des recettes d’exportation moins volatiles et une base fiscale élargie. La production de cathodes de cuivre et de sulfate de cobalt localement réduit la dépendance aux exportations de concentrés, limite les coûts de transport par tonne de métal contenu et améliore la qualité des devises rapatriées. À l’échelle macro, une montée en gamme de la filière soutient la balance courante et renforce la liquidité en dollars sur le marché domestique.
Le dispositif logistique est un autre pilier. Une raffinerie performante s’appuie sur des corridors fiables, des accords de manutention portuaire et des capacités d’entreposage sous contrôle douanier. Hartree Partners apporte des standards de traçabilité et de conformité qui répondent aux exigences des clients internationaux, notamment pour le cobalt, très surveillé sur les plans social et environnemental.
Le montage bénéficie enfin d’un ancrage local. Buenassa rappelle l’appui du Fonds de promotion de l’industrie depuis trois ans, signe que l’écosystème financier congolais commence à s’aligner sur des projets industriels avec des cash-flows exportateurs. La signature de New York n’est pas une fin en soi ; elle ouvre la phase technique : ingénierie détaillée, contrats d’alimentation en minerai, accords de transport, et calendrier de mise en service. Plus ces briques seront verrouillées tôt, plus le coût du capital baissera et plus le projet gagnera en résilience face aux cycles des prix des métaux.
— Peter MOYI



