Pourquoi le Lualaba attire les capitaux émiratis, et ce que cela dit de la stratégie économique de la RDC

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Environ 20 investisseurs des Émirats arabes unis, conduits par le ministre du Commerce extérieur Dr Thani bin Ahmed Al Zeyoudi, sont à Kolwezi (province du Lualaba) pour explorer des opportunités d’investissement dans plusieurs secteurs, selon une information rapportée dimanche par l’ACP de source officielle. La gouverneure Fifi Masuka a présenté cette visite comme un prolongement de l’ouverture de la RDC à des partenariats avec des investisseurs internationaux.

Derrière les discours d’accueil, ce type de déplacement est suivi de près par les milieux économiques, car l’investissement étranger pèse sur des sujets très concrets, l’entrée de capitaux, la disponibilité de devises et, à terme, la stabilité financière. Dans un pays où la demande de dollars reste forte, tout projet réel qui attire des financements extérieurs peut influencer le climat sur le marché des changes, à condition que les annonces se transforment en décisions d’investissement et en flux effectifs.

Mines, routes, corridor de Lobito, ce que le Lualaba met sur la table

Au gouvernorat, la gouverneure du Lualaba a mis en avant les atouts de la province autour de plusieurs axes, mines, énergie, tourisme, agro-industrie et infrastructures de base. Le ministre émirati a, de son côté, déclaré saluer les progrès réalisés dans la province et a évoqué l’intérêt de son pays pour un accompagnement dans des secteurs jugés prioritaires.

La délégation a ensuite visité des chantiers routiers, dont la route Kolwezi–Solwezi récemment lancée, ainsi que le tracé de la future autoroute Nsanka–Dilolo, annoncée longue de 434,5 km. L’ouvrage est présenté comme un lien vers l’Angola et l’océan Atlantique via le corridor de Lobito, un axe logistique mis en avant pour faciliter l’exportation et réduire les coûts de transport.

Les investisseurs ont également visité la chaîne d’approvisionnement du cobalt et du cuivre de Kamoa Copper. Pour la RDC, l’enjeu dépasse la visite, il s’agit de capter des capitaux, sécuriser des projets et améliorer la capacité du pays à attirer des financements sur la durée, un levier qui compte autant pour l’économie réelle que pour l’équilibre financier.

— Peter MOYI

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