En République démocratique du Congo, un nouvel accord signé récemment entre le ministère du Portefeuille et l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) vise à réorienter la dynamique économique en promouvant une coopération accrue entre les entreprises publiques. Cette initiative stratégique met l’accent sur une priorité d’achat interne qui, au lieu de recourir à des fournisseurs privés, favorise les transactions entre entités publiques pour stimuler la croissance économique locale.
L’accord, signé en présence de représentants des deux institutions, instaure un cadre pour les collaborations inter-entreprises au sein du secteur public. L’objectif principal est de renforcer les échanges internes, en assurant que chaque entreprise d’État privilégie des fournisseurs publics, dès lors que les compétences et les offres de services sont équivalentes. Ce dispositif se veut un levier pour relancer les revenus des entreprises publiques et consolider leurs rôles respectifs au sein de l’économie congolaise.
Cependant, le protocole prévoit également des options pour continuer à collaborer avec certaines entités privées, notamment dans des secteurs où les entreprises publiques partagent des intérêts stratégiques ou échangent des actifs. Cette ouverture permet de maintenir des alliances bénéfiques pour l’État tout en orientant les marchés vers une dynamique davantage tournée vers le local.
Le directeur des opérations de l’ARSP, Didier Kashama Kamanda, voit dans cet accord une étape essentielle pour instaurer des liens plus solides entre les différents acteurs du secteur public et garantir une mise en œuvre efficace des préférences inter-entreprises. Cette nouvelle politique s’inscrit dans une vision à long terme de développement économique, encourageant un partage d’expérience entre les structures publiques et le secteur privé lorsqu’un partenariat s’avère pertinent.
Une cellule de coordination mixte, composée d’experts des deux institutions, sera mise en place pour superviser et ajuster cette collaboration au fur et à mesure de sa mise en œuvre. En parallèle, le ministre du Portefeuille, Jean-Lucien Bussa, a insisté sur la nécessité de structurer cette cellule au plus vite, en désignant des spécialistes capables de garantir le succès de ce projet et d’en assurer la pérennité.
Adoptée au mois de juillet dernier, cette démarche vient renforcer la vision économique du gouvernement en matière de préférences inter-entreprises, une orientation qui pourrait se traduire par une hausse significative des chiffres d’affaires pour les entreprises d’État et, à plus long terme, par une relance du tissu économique local. Cette réforme s’appuie sur la synergie entre le ministère du Portefeuille et l’ARSP, visant à instaurer un cercle vertueux où chaque acteur du secteur public trouve sa place dans un réseau économique plus solide et résilient.
Les premiers retours montrent déjà un enthousiasme parmi les entreprises publiques, prêtes à saisir cette opportunité pour explorer de nouveaux marchés et maximiser leurs revenus dans un environnement où la collaboration et le soutien mutuel deviennent des principes fondateurs.
Peter MOYI

