Le Trésor congolais a mobilisé 30,6 millions USD sur le marché domestique le 11 novembre 2025, à 9 %. Le volume capté ne représente que 34 % des 90 millions USD offerts, loin des 156,1 millions USD réunis le 4 novembre pour une cible de 80 millions USD.
Liquidité prudente des banques et attente de visibilité macroéconomique
Les soumissionnaires — surtout banques commerciales et institutions financières locales — ont réduit la voilure. À la clé, une appétence moindre pour les Obligations du Trésor en USD, malgré un taux inchangé. Des acteurs de marché évoquent une gestion serrée de la liquidité en fin d’exercice et le besoin de clarifications sur la trajectoire budgétaire et monétaire sur les prochains mois. Dans ce cadre, le coût de portage et les arbitrages de trésorerie pèsent sur la demande à court terme.
L’Exécutif maintient sa stratégie de financement interne afin de réduire la dépendance extérieure et animer le marché local. Les émissions régulières visent à installer une courbe de taux, renforcer la confiance et offrir au système financier un actif souverain en devise disponible sur le marché primaire.
Le contexte reste contrasté : la désinflation relevée récemment par une mission du FMI s’accompagne d’une volatilité du taux de change. Ces paramètres influencent le rendement réel attendu et la prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir du papier en USD émis sur le marché domestique. La combinaison inflation/change guide les arbitrages entre placements publics, crédits et réserves de liquidité, surtout quand les établissements bouclent l’année et calibrent leurs ratios.
En filigrane, la faiblesse relative de la demande observée le 11 novembre ne remet pas en cause l’outil : elle signale un ajustement de court terme dicté par la liquidité et la visibilité macro. La suite dépendra de la cadence d’émission, de la communication des autorités sur le cadre budgétaire, et de l’évolution des agrégats monétaires. Si la visibilité s’améliore et que la liquidité se détend, la demande pourrait se normaliser autour du taux de 9 %, sous réserve du risque de change perçu par les porteurs.
— M. KOSI


