Autrefois autarcique en matière d’électricité, la République Démocratique du Congo (RDC) se voit désormais obligée d’importer une quantité importante de son énergie. Malgré une capacité installée de 2800 MW, la Société Nationale d’Électricité (SNEL) ne parvient à distribuer qu’environ 2100 MW à ses usagers. Le nouveau ministre des Ressources Hydrauliques et Électricité, Teddy Lwamba, ancien directeur général adjoint de la SNEL, projette de développer neuf nouveaux sites de production pour combler le déficit de 2500 MW. Ce plan pourrait réduire les importations d’électricité et potentiellement doubler le produit intérieur brut (PIB) de la RDC, le faisant passer de 65 milliards à 135 milliards de dollars. En parallèle, le comité de gestion de la SNEL, dirigé par Fabrice Lusinde, s’efforce d’améliorer l’offre actuelle par la réhabilitation et la sécurisation du réseau.
L’importation massive d’électricité
Entre 2019 et 2023, la SNEL a importé 7 504 170 MWh d’électricité des pays voisins, pour un coût total de 974 963 648 USD. Ce volume d’importations illustre la dépendance énergétique croissante du pays, autrefois autosuffisant. Les exportations, en revanche, restent modestes : seulement 254 813 MWh, pour une valeur de 21 970 243 USD sur la même période.
Contrats d’achat d’électricité
La SNEL a établi plusieurs contrats d’achat d’électricité avec des sociétés voisines depuis plus de 20 ans. En Centrafrique, elle achète de l’électricité à ENERKA pour alimenter la cité de Zongo, tandis qu’en Ouganda, elle se fournit auprès de l’UETCL pour approvisionner Kasindi. Le Rwanda, via SINELAC (Ruzizi 2), fournit l’électricité pour Goma, Bukavu et Kamanyola. De plus, la Zambie, par l’intermédiaire de ZESCO, alimente Kasenga, Pweto, Mokambo et Sakania, ainsi que plusieurs clients miniers du Katanga.
Partenariats avec les traders d’énergie
La SNEL dispose également de contrats de transport pour tiers avec des traders d’énergie qui importent de l’électricité de Zambie ou du Congo Brazzaville pour leurs clients miniers. Parmi ces traders figurent CEC DRC, VOSTRO, EN Power, Safe Energy et TradePower. Par ailleurs, pour plusieurs villes de la RDC, la SNEL achète de l’électricité à d’autres sociétés locales : SAKIMA à Kindu, SACIM à Mbuji Mayi, PERENCO à Muanda, et la centrale de Kilubi, appartenant aux FARDC, à Kamina.
Défis et perspectives
Lors d’un briefing coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, Teddy Lwamba a promis une stratégie agressive pour faire face au déficit énergétique évalué à environ 2500 MW. Selon lui, le développement de neuf nouveaux sites de production permettra de combler ce déficit et d’éviter les importations coûteuses. Si ce projet aboutit, la production électrique de la RDC pourrait non seulement répondre à la demande intérieure mais aussi permettre au pays de regagner son statut d’exportateur net.
La consommation énergétique des miniers
À ce jour, les entreprises minières en RDC consomment à elles seules 1400 MW d’électricité par an, générant un PIB d’au moins 35 milliards USD, soit plus de la moitié du PIB national. Cette consommation énergétique permet au pays de percevoir près de 7 milliards USD en impôts et taxes, soulignant l’importance cruciale du secteur minier dans l’économie nationale.
En conclusion, bien que la RDC soit actuellement un importateur net d’électricité, les efforts déployés par la SNEL et le ministère des Ressources Hydrauliques et Électricité visent à inverser cette tendance. Avec une augmentation prévue de la capacité de production et une réduction des importations, le pays espère doubler son PIB et renforcer sa souveraineté énergétique.
M.KOSI






