La République démocratique du Congo prévoit d’expédier du cuivre vers l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis à travers un partenariat soutenu par les États-Unis, impliquant Mercuria Energy Group et la Gécamines. Selon l’US International Development Finance Corp (DFC), 50 000 tonnes de cathodes de cuivre seront fournies par la Gécamines via sa coentreprise avec Mercuria.
La DFC, une agence du gouvernement américain, dit discuter d’un financement pour cette nouvelle initiative. Le projet a déjà convenu, le mois dernier, d’expédier 100 000 tonnes de cuivre vers les États-Unis. Son directeur général, Ben Black, affirme que le rapprochement entre Washington et Kinshasa doit permettre d’orienter des « minerais critiques » vers les États-Unis et leurs partenaires, tout en renforçant la viabilité économique des pays africains concernés, selon une déclaration transmise par courriel.
Mercuria n’a pas souhaité commenter l’accord. La Gécamines n’a pas répondu immédiatement à une demande de réaction.
Ce que Washington cherche à changer dans la chaîne d’approvisionnement
D’après un responsable de la DFC cité anonymement, l’objectif américain est de détourner une partie des flux de minerais jugés stratégiques loin d’adversaires comme la Chine, et de sécuriser une source plus fiable pour les besoins des États-Unis et de leurs alliés. Le même responsable souligne aussi qu’il s’agit d’un projet commercial, censé générer un retour sur l’investissement public américain.
L’annonce intervient en marge d’une conférence internationale sur les minerais critiques organisée à Washington, le même mercredi, dans un contexte de forte volatilité des marchés des métaux. Plusieurs pays et opérateurs cherchent à sécuriser leur accès futur à des minerais utilisés dans la technologie, l’énergie et la défense.
Le texte rappelle que les producteurs chinois dominent aujourd’hui l’extraction et la transformation du cuivre et du cobalt en RDC. Il indique aussi que la RDC est le deuxième producteur mondial de cuivre et qu’elle abrite les gisements de cobalt parmi les plus riches au monde. Dans le même temps, Kinshasa aurait proposé aux États-Unis un accès à des projets miniers et d’infrastructures en échange d’un appui pour contenir une rébellion dans l’est du pays, décrite comme soutenue par le Rwanda.
— M. MASAMUNA

