La RDC veut changer de cap économique. À l’ouverture de la 9ᵉ édition de la Semaine française de Kinshasa, le vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a défendu une stratégie centrée sur l’industrialisation. L’objectif est clair : transformer localement les ressources et construire un partenariat économique plus solide avec la France.
Le gouvernement veut sortir d’un modèle où le pays exporte surtout des matières premières et importe des produits finis. Cette organisation limite les revenus et les emplois locaux. Transformer sur place permet de capter plus de valeur, de développer des industries et de renforcer les compétences. La Semaine française est présentée comme un cadre pour rapprocher les entreprises congolaises et françaises, faciliter les projets communs et attirer des investissements orientés vers la production.
Une relation économique à structurer davantage
Les échanges entre la RDC et la France ont dépassé 200 millions USD sur la période 2021-2022. Ce niveau reste modeste, mais il montre qu’une base existe. Kinshasa veut l’élargir en diversifiant les échanges, en améliorant l’accès au marché et en augmentant les investissements. Sur le terrain, une trentaine d’entreprises françaises sont déjà présentes, notamment dans les télécommunications, l’hôtellerie, les services et certaines activités industrielles. Leur présence est vue comme un levier pour diffuser des méthodes de gestion plus structurées et améliorer la qualité des productions locales.
Cette stratégie s’inscrit dans un contexte mondial en évolution. Les chaînes d’approvisionnement se réorganisent, la transition énergétique progresse et les pays cherchent de nouveaux relais de croissance. La RDC veut profiter de cette phase pour mieux valoriser ses ressources naturelles et se positionner dans des chaînes de production plus complètes. Pour les autorités, l’enjeu dépasse le commerce. Il touche aussi à la souveraineté économique, c’est-à-dire la capacité d’un pays à contrôler ses choix et ses ressources.
Le vice-Premier ministre a insisté sur le rôle des infrastructures, de l’énergie et des technologies dans cette transformation. Un pays qui transforme localement ses matières premières, attire des financements à long terme et développe son industrie renforce sa position dans l’économie mondiale. Cette orientation est soutenue par certains indicateurs avancés par le gouvernement : une croissance projetée à 5,9 % en 2026, une inflation autour de 3,3 % et une émission d’euro-obligations de 1,25 milliard USD. L’inflation correspond à la hausse des prix. Quand elle reste contenue, elle favorise un environnement économique plus stable pour les entreprises et les ménages.
Le défi reste la mise en œuvre. L’industrialisation suppose des investissements lourds, des infrastructures fiables et une coordination entre l’État et les entreprises. Pour Kinshasa, il ne s’agit plus seulement d’attirer des investisseurs, mais de construire une économie capable de produire, transformer et retenir une part plus importante de la richesse créée.
— M. MASAMUNA



