Avec plus de 23 millions d’utilisateurs de mobile money et près de 65 millions de connexions mobiles actives pour seulement 30,5 % de pénétration Internet, la République démocratique du Congo confirme une mutation rapide vers les services financiers mobiles. Dans ce contexte, M-Pesa lance « Petit Commerce », une solution dédiée aux petits commerçants, un segment estimé entre 1,3 et 1,8 million d’acteurs en milieu urbain, encore largement structuré autour de pratiques informelles. Cette initiative intervient dans un environnement où le téléphone s’impose comme le principal point d’accès aux transactions, en l’absence d’une bancarisation suffisante.
Selon les données disponibles, la majorité de ces commerçants utilisent des transferts entre particuliers pour encaisser leurs paiements, une pratique qui limite la traçabilité des flux, expose à des risques de fraude et empêche une lecture claire des revenus. Cette organisation reflète les limites structurelles de l’économie informelle, où les outils adaptés à l’activité commerciale restent peu accessibles et où la confusion entre finances personnelles et professionnelles freine l’accès à des services financiers plus avancés. Dans ce contexte, la capacité à structurer les paiements devient un enjeu économique, bien au-delà de la simple digitalisation.
Avec « Petit Commerce », Vodacom Congo, via Vodacash, propose aux commerçants d’ouvrir un compte dédié à leur activité, d’accepter des paiements instantanés et de suivre leurs revenus sans procédures administratives lourdes, le tout en francs congolais. « Avec “Petit Commerce”, nous apportons une réponse concrète à une réalité du terrain : des millions de commerçants utilisent déjà le mobile money, mais sans outils adaptés à leur activité », a expliqué Taty Furume, Directeur général adjoint de Vodacash, ajoutant que l’objectif est de sécuriser les revenus, structurer les flux et ouvrir progressivement l’accès à des services financiers plus larges. L’enjeu est donc de transformer un usage existant en un levier structurant, capable de produire des historiques financiers exploitables.
Le déploiement initial vise 40 000 commerçants sur douze mois, avec une progression annuelle estimée entre 10 % et 15 %, en ciblant en priorité les vendeurs en ligne et les conducteurs de taxi-motos, deux segments fortement dépendants des paiements mobiles. À terme, l’initiative pourrait concerner entre 500 000 et 800 000 personnes, en incluant les commerçants et leurs écosystèmes. Cette montée en puissance traduit une tentative de formalisation progressive d’une économie encore dominée par le cash, dans laquelle le mobile money tend à devenir une infrastructure financière à part entière, capable de soutenir l’inclusion économique et de renforcer la lisibilité des flux dans un pays où le secteur informel reste central.
— M. KOSI


