La gestion des finances publiques en République Démocratique du Congo (RDC) continue de refléter des défis structurels qui interpellent sur les stratégies budgétaires adoptées. En novembre 2024, le déficit de trésorerie a atteint 651,6 milliards de Francs congolais (CDF), bien au-delà des prévisions initiales fixées à 305,1 milliards de CDF.
Plutôt que de s’attarder sur les chiffres seuls, cette situation soulève des questions sur les mécanismes de financement mobilisés par le gouvernement. Pour combler ce vide budgétaire, les autorités ont eu recours à l’émission de titres publics, générant ainsi 457,2 milliards de CDF. En complément, une partie des réserves de trésorerie précédemment constituées, soit 194,4 milliards de CDF, a été mobilisée. Ce choix, bien qu’efficace à court terme, soulève des interrogations sur la durabilité de ces solutions.
« Le recours récurrent aux titres publics peut accentuer la vulnérabilité économique, surtout si les réformes structurelles n’accompagnent pas cette dynamique », souligne un économiste. L’élargissement du déficit trahit aussi une faible maîtrise des dépenses publiques, notamment face à des imprévus. Cela rappelle l’urgence d’une planification budgétaire rigoureuse pour éviter de multiplier les tensions sur le service de la dette publique.
Cette réalité s’inscrit dans un environnement économique international caractérisé par des incertitudes qui fragilisent davantage les économies des pays en développement. Pourtant, les opportunités ne manquent pas. Les réformes fiscales en cours et les efforts pour diversifier les recettes de l’État sont autant de leviers susceptibles de redonner de l’élan aux finances publiques.
Pour y parvenir, il sera nécessaire d’améliorer la transparence dans la gestion des ressources, de renforcer les capacités de collecte des recettes et de contenir les dépenses inutiles. L’équilibre entre stabilité budgétaire et investissement dans les secteurs stratégiques demeure un enjeu central pour assurer un développement économique durable.
M. KOSI

