La session budgétaire du 30 septembre 2025 s’ouvre sur un dossier sensible : le gouverneur Daniel Bumba devra répondre à une question orale avec débat portée par le député provincial Aubin Makanu Isukama. Au centre du grief : l’effondrement des revenus de la DGRK et l’opacité présumée autour de certaines perceptions fiscales.
Recettes en recul, traçabilité des taxes et pression sur la trésorerie
Selon l’élu, la DGRK, autrefois proche de 5 millions USD par mois, ne mobiliserait plus qu’environ 2 millions USD. Une contraction de l’ordre de 60 % qui ampute la liquidité de la ville et limite sa capacité à payer les agents, à entretenir les services et à financer la remise en état des marchés. L’alerte vise d’abord la chaîne de collecte : circuits de versement, rapprochements comptables, délais de remontée vers le trésor provincial.
L’opacité présumée s’étend à des taxes ciblées : 5 USD prélevés à l’aéroport de N’Djili, taxe d’embarquement et taxe de stationnement. D’après Makanu, ces montants ne se reflètent pas dans les comptes de la ville, ce qui pose une question de traçabilité et de réconciliation des flux entre régies et trésor. Ses mots sont tranchants :
« La taxe d’embarquement ainsi que la taxe de stationnement semblent ne jamais atteindre le trésor de la ville ».
La dégradation décrite touche aussi l’exécution salariale : des retards de paiement sont évoqués chez les agents provinciaux, symptôme d’une trésorerie sous tension. Côté services urbains, les marchés municipaux sont décrits comme des foyers d’insalubrité, faute d’entretien et d’une gestion opérationnelle stabilisée. Le dossier du Marché central reste emblématique : l’absence de visibilité sur sa réouverture freine l’activité commerciale et prive la ville de recettes récurrentes.
« Les Kinois continuent à vivre dans l’incertitude de retrouver leurs activités dans ce centre commercial stratégique », déplore le député, qui résume son constat par une formule amère :
« On dirait que la médiocrité que nous avons voulu réparer s’avère être plus élitique que notre gestion ».
L’Assemblée attend du gouverneur des chiffres consolidés, un calendrier précis pour sécuriser la collecte, restaurer la marge de manœuvre budgétaire et rétablir la confiance dans les mécanismes de perception : contrôle des régies, bancarisation des flux, suivi des recettes et publication régulière des états de dépenses. La réponse conditionnera la crédibilité de la programmation budgétaire ouverte ce 30 septembre 2025.
— Peter MOYI



