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Tanganyika : 350 associations d’épargne soutenues par la FAO bénéficient à plus de 8 500 villageois

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À Nyunzu et Kabalo, dans le sud-est de la RDC, de petits groupes d’habitants transforment leur vie avec un outil simple : l’épargne collective. Portées par la FAO, ces Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC) se multiplient dans la province du Tanganyika et deviennent un véritable moteur d’autonomie économique et de cohésion sociale.

Ces structures fonctionnent sur un principe clair : chaque membre verse une contribution régulière, qui alimente un fonds commun. Celui-ci sert ensuite à octroyer de petits prêts à taux réduit pour financer des activités génératrices de revenus. Un maraîcher peut ainsi acheter des semences, une commerçante renouveler son stock, et une couturière acquérir du matériel. L’idée est simple, mais ses effets sont profonds : moins de dépendance aux aides extérieures et plus de contrôle sur ses propres moyens de subsistance.

La FAO, en partenariat avec le PAM, appuie ces initiatives dans le cadre d’un programme conjoint financé par la Norvège et la Suède. Selon l’organisation, 350 AVEC ont déjà vu le jour, regroupant 8 585 membres, dont près de 58 % de femmes. Dans une région marquée par les conflits passés et l’insécurité alimentaire, cette mobilisation prend une dimension sociale forte.

Les réunions, une à deux fois par semaine, ne se limitent pas à collecter des cotisations. Elles deviennent des espaces de dialogue, de solidarité et d’entraide, où se reconstruit un tissu communautaire abîmé par les tensions intercommunautaires. Pour beaucoup, ces rendez-vous sont aussi l’occasion de reprendre confiance dans l’avenir.

La FAO décrit ces AVEC comme des « moments de transformation », où des hommes et des femmes, souvent fragilisés par la précarité, redessinent les contours de leur vie. Les statistiques confirment que la méthode fonctionne : les membres développent leurs activités, améliorent leurs revenus et réduisent leur vulnérabilité face aux chocs économiques ou climatiques.

En misant sur la finance solidaire et l’initiative locale, l’agence onusienne montre qu’il est possible de renforcer la résilience d’une communauté sans attendre de grands investissements extérieurs. Une leçon précieuse pour d’autres provinces du pays, où la faim et la pauvreté restent des défis persistants.

M. KOSI

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