La République Démocratique du Congo (RDC) intensifie ses efforts pour attirer des financements chinois en vue de renforcer ses secteurs économiques stratégiques, notamment les transports et les mines. Lors de la réunion du Conseil des Ministres du 22 novembre 2024, Jean-Pierre Bemba Gombo, Vice-Premier Ministre et Ministre des Transports, a détaillé une stratégie visant à présenter des projets clés aux institutions financières chinoises dans le cadre de la coopération sino-congolaise.
Ce plan repose sur une liste structurée de projets ambitieux, conçus pour répondre aux besoins économiques pressants de la RDC. La priorité est donnée aux infrastructures essentielles, comme les routes, les voies ferrées et les ports, indispensables au transport des minerais, principale richesse exportée du pays. Pour les autorités congolaises, ce partenariat représente une opportunité de tirer parti des capacités financières et techniques de la Chine afin de combler un déficit estimé à plusieurs milliards de dollars.
Jean-Pierre Bemba a mis en lumière les conclusions d’une réunion récente de la Task Force dédiée à ces projets. Cette équipe a finalisé des propositions à soumettre à la partie chinoise dès décembre. Chaque ministère impliqué a été invité à fournir des fiches techniques détaillées et des études de faisabilité pour défendre efficacement ces projets. Parmi les priorités figurent la modernisation des infrastructures de transport, essentielle pour optimiser l’exportation des ressources minières, et la production énergétique, vitale pour alimenter les zones industrielles.
Dans ce cadre, la Chine est perçue comme un partenaire stratégique de choix. Avec des échanges commerciaux dépassant les 10 milliards de dollars en 2023, Pékin s’impose comme un levier incontournable pour le développement économique de la RDC. Le secteur minier, qui représente plus de 70 % des exportations du pays, demeure au cœur de cette coopération. Cependant, la valeur ajoutée captée par la RDC reste limitée, en raison d’un manque criant d’infrastructures de transformation.
Les autorités congolaises espèrent renverser cette tendance en développant des capacités locales de traitement des minerais. À terme, cela pourrait générer des revenus supplémentaires estimés à plusieurs milliards de dollars, tout en créant des emplois dans les secteurs industriels et logistiques. Par ailleurs, la modernisation des infrastructures de transport devrait réduire les coûts opérationnels et renforcer l’attractivité de la RDC pour les investisseurs étrangers.
Avec cette démarche proactive, Jean-Pierre Bemba engage la RDC dans une dynamique où les ressources naturelles du pays deviennent un véritable moteur de développement. En canalisant les financements chinois vers des projets structurants, la RDC aspire à redessiner son paysage économique tout en affirmant sa position comme acteur clé dans le commerce des matières premières.
M. KOSI

