Le corridor Lobito-Atlantique, axe ferroviaire majeur pour le transport des minerais critiques, accélère son développement avec la réception des premiers wagons porte-conteneurs issus d’une commande ambitieuse de 275 unités passée en mai dernier auprès de Galison Manufacturing, un groupe sud-africain. Pesant 13,5 tonnes chacun, ces wagons sont conçus pour transporter un conteneur de 40 pieds ou deux de 20 pieds. Le déploiement complet de cette commande s’étalera sur 30 mois, avec une livraison finale prévue d’ici 2026.
Ce projet s’inscrit dans un plan d’investissement de 455 millions de dollars, annoncé par le consortium gestionnaire du corridor. Ce financement vise à renforcer l’infrastructure ferroviaire avec l’acquisition de 35 locomotives et 1 555 wagons, ainsi qu’à améliorer les capacités opérationnelles pour répondre à la demande croissante des opérateurs miniers. L’objectif est de maximiser la compétitivité des exportations de minerais critiques, tels que le cobalt et le cuivre, provenant de la RDC et de la Zambie.
Une infrastructure au cœur des flux miniers et financiers
La reprise récente des expéditions de minerais via le corridor Lobito-Atlantique a démontré un gain logistique significatif, réduisant les délais d’acheminement des cargaisons de la RDC vers les ports angolais. Cette efficacité accrue renforce la position stratégique de cet axe dans les échanges régionaux et internationaux. À terme, ces nouvelles infrastructures devraient augmenter la capacité de transport, tout en optimisant les coûts pour les exportateurs, consolidant ainsi les revenus générés par le secteur minier.
Le projet ne se limite pas à améliorer le transport des ressources. Il s’inscrit dans une vision économique plus large visant à transformer le corridor en un hub logistique régional. Des acteurs majeurs, comme les États-Unis et l’Union européenne, se sont engagés à soutenir ce développement par des investissements directs, répondant à leurs propres besoins en matières premières critiques. L’extension prévue du corridor vers l’Afrique de l’Est, reliant l’Atlantique à l’océan Indien, pourrait élargir l’impact économique de cette infrastructure et générer des opportunités d’affaires supplémentaires pour les opérateurs ferroviaires et miniers.
Avec cette initiative, le consortium affirme sa volonté d’optimiser la chaîne de valeur minière, tout en offrant une réponse concrète aux défis posés par l’approvisionnement mondial en minerais stratégiques. Ce projet représente ainsi un levier économique et financier pour les pays impliqués, et un exemple de collaboration régionale autour d’un axe économique clé.
M.KOSI

