La Banque africaine de développement (BAD) a récemment affirmé son engagement envers la protection de la biodiversité en Afrique, mettant en avant des initiatives stratégiques et des investissements pour soutenir le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (KMGBF). Ce cadre ambitieux, approuvé lors de la COP15 en 2022, vise à stopper la dégradation de la biodiversité d’ici 2030 et à rétablir une harmonie durable avec la nature d’ici 2050.
Lors de la COP16 en Colombie, un événement parallèle de la BAD a permis de présenter son plan d’action en faveur de la biodiversité, en l’inscrivant au cœur de sa Stratégie décennale 2024-2033. La banque s’engage ainsi à intégrer la biodiversité comme pilier de développement économique pour l’Afrique, où les ressources naturelles constituent entre 30 % et 50 % de la richesse nationale dans plusieurs pays, comme l’a souligné Al-Hamndou Dorsouma, chef de division au Département du changement climatique et de la croissance verte. Pour lui, une gestion durable de ce patrimoine naturel est indispensable pour une transformation économique pérenne.
La BAD s’appuie sur des programmes innovants et des financements considérables pour préserver les écosystèmes africains, tout en favorisant la croissance économique. Parmi ces initiatives, le projet de la Grande Muraille verte, doté de 6,5 milliards de dollars, et l’initiative « Desert to Power », visent à combiner protection de l’environnement et développement économique. De plus, une approche par bassin versant dans les bassins du lac Tchad, du Niger, du Congo et du Zambèze permet d’intégrer des solutions fondées sur la nature, facilitant la restauration des écosystèmes et la gestion durable des ressources.
À l’occasion de cet événement, des acteurs de premier plan ont souligné l’importance de partenariats élargis pour soutenir cette transformation. « La richesse de l’Afrique réside réellement dans ses atouts naturels », a expliqué Candice Stevens, PDG de la Sustainable Finance Coalition. Cette biodiversité, l’une des plus vastes et riches du monde, représente un levier pour un développement économique durable, à condition d’investir dans sa préservation.
Frederick Kwame Kumah, vice-président de l’African Wildlife Foundation, a également souligné la nécessité d’intégrer les priorités de biodiversité dans les plans de développement nationaux, rappelant que la BAD peut jouer un rôle fédérateur auprès des institutions financières pour garantir une priorité accrue à la biodiversité.
Un engagement au service du développement durable
La BAD a présenté trois axes stratégiques pour soutenir la biodiversité en Afrique : politique de biodiversité, financement de la biodiversité, et évaluation du capital naturel. Cette approche vise à sensibiliser davantage les acteurs africains aux opportunités offertes par le KMGBF et à encourager l’intégration des objectifs de biodiversité dans les initiatives économiques.
L’événement a réuni des partenaires internationaux tels que le Programme des Nations unies pour l’environnement, la Commission de l’Union africaine, et l’African Wildlife Foundation, illustrant l’ampleur de cette mobilisation pour la biodiversité africaine. Grâce à ces collaborations, la BAD aspire à devenir un moteur de la croissance verte en Afrique, en exploitant durablement le potentiel de ses ressources naturelles.
L’impact de ces initiatives ne se limite pas aux aspects environnementaux. La protection de la biodiversité africaine pourrait générer des retombées économiques significatives, tout en contribuant à une économie plus résiliente et inclusive sur le continent.
M. KOSI



