380 millions de dollars pour l’agriculture et 270 millions pour les routes : les nouvelles priorités de la RDC

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Face aux défis économiques persistants, la République démocratique du Congo s’engage dans une démarche ambitieuse pour optimiser ses ressources publiques et financer des projets stratégiques. Ce vendredi 22 novembre 2024, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a présenté sept projets de loi aux députés nationaux, illustrant une volonté ferme d’agir sur plusieurs fronts, notamment la fiscalité, les infrastructures, l’agriculture et la santé.

L’un des axes importants de ces propositions concerne l’adoption de conventions internationales visant à endiguer l’évasion fiscale. Le ministre a mis en lumière la Convention BEPS, qui modifie les accords fiscaux avec des partenaires tels que la Belgique, l’Afrique du Sud et les Émirats arabes unis. Ce texte cible les pratiques des multinationales consistant à transférer leurs bénéfices vers des territoires à faible fiscalité. En limitant ces transferts artificiels, le gouvernement espère récupérer une partie significative des recettes fiscales perdues. Plus de 70 % des activités minières du pays étant contrôlées par des multinationales, cette mesure pourrait représenter un levier économique déterminant.

La règle de limitation des avantages (LOB) a été spécifiquement évoquée. Cet outil vise à empêcher les abus liés aux avantages fiscaux, tout en garantissant une transparence accrue dans des secteurs clés. Le ministre a insisté sur l’importance de renforcer les recettes publiques pour mieux répondre aux besoins de développement.

En parallèle, le ministre a défendu des projets de financement qui touchent des secteurs névralgiques de l’économie congolaise. Deux initiatives agricoles, soutenues par des contributions combinées de 380 millions de dollars, visent à transformer le secteur. Ces projets prévoient de former 50 000 jeunes dans l’agro-industrie et de créer 75 000 emplois en développant des chaînes de valeur. Dans un pays où l’insécurité alimentaire reste un défi majeur, ces investissements promettent de dynamiser la production locale tout en réduisant la dépendance aux importations.

Dans le domaine des infrastructures, un prêt de 270 millions de dollars a été négocié avec des banques sud-africaines pour améliorer le réseau routier. Ce financement, remboursable sur une décennie, devrait renforcer la connectivité entre les provinces et soutenir la diversification économique. Ces routes modernisées deviendront un catalyseur pour le développement agricole et industriel, contribuant à une croissance endogène.

La santé publique n’est pas en reste. Un financement de 250 millions de dollars, octroyé par la Banque mondiale, permettra de renforcer les capacités du système de santé congolais. Les efforts cibleront notamment les soins prénatals et postnatals pour les femmes, tout en incluant les populations marginalisées. Plus de 43,8 millions de Congolais bénéficieront directement des améliorations prévues.

Le ministre Doudou Fwamba, en présentant ces projets, a souligné leur portée stratégique pour l’avenir du pays. « Ces propositions traduisent la volonté du gouvernement de répondre aux attentes de notre population, tout en jetant les bases d’un développement inclusif et durable », a-t-il déclaré.

Ces initiatives reflètent une approche globale qui mise sur la réforme fiscale et les investissements structurants pour impulser une nouvelle dynamique économique. En s’appuyant sur des partenaires financiers solides et en renforçant les bases légales, la RDC semble déterminée à relever les défis qui freinent son développement.

M.MATUVOVANGA

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