La population de Goma vivent une situation des plus complexes, plongés dans le noir et confrontés à une pénurie d’eau potable depuis plusieurs jours. La raison : de violents affrontements entre les rebelles du M23 et les forces armées congolaises à l’est de la République Démocratique du Congo. Ces violences ont gravement endommagé les infrastructures essentielles de la ville, rendant la vie quotidienne de la population plus difficile.
Le 24 janvier, Virunga Energies, la société en charge de l’approvisionnement énergétique dans la région, a signalé la destruction des lignes électriques alimentant Goma et le territoire de Nyiragongo, à la suite des combats sur l’axe Kimbumba-Goma. Ce même mois, la Société nationale d’électricité (SNEL) avait également annoncé des dégâts sur sa ligne haute tension reliant la centrale de Ruzizi à Bukavu. Bien que les deux entreprises aient assuré qu’elles répareraient les installations dès que les conditions de sécurité le permettraient, l’absence d’électricité et d’eau continue d’aggraver les difficultés pour les résidents.
Cette crise intervient à un moment où la régulation du secteur énergétique à Goma était en train de prendre un tournant. En effet, l’Autorité de régulation de l’électricité (ARE) avait récemment instauré un comité de pilotage pour coordonner les acteurs de l’énergie dans la région. Ce comité devait organiser le travail de la SNEL, Virunga Energies, SOCODEE, et NURU SASU, afin de clarifier leurs rôles respectifs. Mais l’intensification du conflit semble bien compromettre l’efficacité de ces efforts. L’instabilité grandissante freine toute tentative de rétablir un cadre de régulation et de supervision dans le secteur de l’énergie.
La situation se complique davantage pour la Regideso, responsable de la distribution de l’eau. Le manque d’électricité perturbe ses stations de pompage, indispensables pour garantir un approvisionnement continu en eau. En raison de l’absence d’électricité stable, ces installations peinent à fonctionner, privant ainsi la population de Goma de cet essentiel. Ces coupures prolongées créent une pression supplémentaire sur les familles et les entreprises locales, déjà fragilisées par les effets du conflit.
À court terme, la reprise des activités économiques locales semble compromise. Les entreprises de Goma, dépendantes de l’électricité pour leurs processus de production, sont contraintes de ralentir leurs opérations. Cela pourrait avoir des conséquences économiques importantes, notamment pour les commerces qui peinent à maintenir leurs activités ouvertes, et pour les industries nécessitant de l’eau pour fonctionner.
Alors que les autorités et les entreprises tentent de trouver une solution, la question reste ouverte : quand les conditions de sécurité permettront-elles la remise en état des infrastructures ? Le rétablissement de l’approvisionnement en électricité et en eau, ainsi que la reprise des activités économiques, dépendront largement de l’évolution de la situation sécuritaire, mais aussi de la capacité des acteurs à réagir face à une crise qui semble se prolonger.
— M. MATUVOVANGA



