Le 22 septembre 2025, en marge de la 80e Assemblée générale de l’ONU, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a soutenu à Manhattan le plaidoyer du FONAREV pour la reconnaissance, par la communauté internationale, des crimes commis en RDC depuis plus de 30 ans. Objectif annoncé : enclencher un processus onusien formel pouvant ouvrir la voie à justice, réparations et garanties de non-répétition.
Quels leviers juridiques et économiques pour aboutir ?
Interrogé par la presse, le ministre a rappelé l’ossature juridique : la qualification repose sur l’intention et la planification d’exterminer un groupe, en tout ou en partie. Il a cité des tueries intervenues à Makobola, Kasika, Mwenga, Kamituga, Mugunga, Tingi-Tingi et Kishishe. La demande centrale vise la saisine du Conseil de sécurité afin d’établir un cadre d’enquête, prémisse à des mécanismes de vérité et de justice.
Sur le plan économique, la reconnaissance internationale impacterait directement la réparation des victimes et la reconstruction des territoires. Un processus onusien crédible permettrait de structurer des fonds d’indemnisation et d’orienter l’aide vers les zones sinistrées, avec des critères vérifiables d’éligibilité. Pour l’État, l’enjeu touche à la prévisibilité budgétaire : chiffrer les besoins prioritaires (santé, éducation, désenclavement), calibrer l’appui extérieur et réduire le coût de financement par une meilleure prime de risque pays.
L’impact sur les chaînes d’approvisionnement minières est déterminant. La stabilisation des zones de production conditionne la traçabilité, la conformité (exigences acheteurs et places de négoce) et la montée en valeur ajoutée locale. À terme, une baisse des perturbations sécuritaires réduit les coûts logistiques, sécurise les recettes d’exportation et améliore les marges des opérateurs formels. L’assainissement du cadre réduit aussi les incitations à l’informel, élargissant l’assiette fiscale.
Le ministre a salué l’appui politique du chef de l’État, Félix Tshisekedi, et la présentation, par un comité scientifique, des éléments constitutifs avancés pour documenter la qualification des crimes. Il a insisté sur la nécessité d’une procédure claire à l’ONU : elle offrirait une base commune aux partenaires et permettrait de lier droits des victimes, sécurité et relance économique. La reconnaissance ne se résume pas à un symbole : elle conditionne la liquidité de la reconstruction, la confiance des investisseurs et la durabilité des recettes publiques.
— M. MASAMUNA



