Le 26 septembre 2025 à New York, lors de « DRC Digital Nation 2030 », Félix Tshisekedi a annoncé un investissement public de 1 milliard USD pour le prochain plan national du numérique. Le programme s’étalera de 2026 à 2030, avec une enveloppe annuelle de 250 millions USD pour installer la RDC comme carrefour technologique régional.
L’exécutif vise quatre chantiers prioritaires : infrastructures (connectivité et hébergement des données), e-gouvernement pour des services publics digitalisés, gouvernance et cybersécurité, puis formation aux compétences numériques avec un accent sur les femmes et les jeunes. La feuille de route détaillée n’est pas encore publiée. Dominique Migisha, coordonnateur de l’Agence pour le développement du numérique, indique que des projets restés sans financement lors du premier plan quinquennal seront repris, ce cycle affichant un taux de réalisation d’environ 60 %.
Formation, infrastructures, e-gouvernement : les quatre piliers
La réussite dépendra de la stabilité politique et de la sécurité. Le chef de l’État lie l’essor du numérique à l’application de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, ainsi qu’à un futur accord avec les rebelles du M23. Un climat apaisé doit aussi créer un cadre propice à l’investissement privé, indispensable pour étendre la connectivité, développer les centres de données et soutenir l’innovation locale.
En marge du forum, le ministre du Numérique, Kibassa Maliba, s’est entretenu avec l’entreprise américaine Unity Development Fund, intéressée par des investissements en RDC. Les discussions ont porté sur le renforcement des infrastructures digitales, l’animation de l’écosystème d’innovation et l’accompagnement des jeunes entrepreneurs. Le pays a également signé un protocole d’accord avec Cisco et Cybastion pour former 250 000 jeunes sur cinq ans. Les modules couvriront la cybersécurité, la data science, la programmation, les systèmes d’exploitation, l’anglais technique, la transformation digitale et l’entrepreneuriat.
L’ambition est claire : transformer les dépenses publiques en capacités productives — réseaux, services, compétences — afin de doper la compétitivité des entreprises, élargir l’assiette fiscale via la formalisation numérique et améliorer la qualité des services de l’État. La publication rapide du calendrier des projets, des modalités d’exécution et des critères de suivi permettra de crédibiliser la trajectoire 2026-2030 et de mobiliser des capitaux complémentaires.
— M. KOSI



