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À Rotterdam, l’aluminium et le cuivre restent suspendus au risque de pénurie en 2026

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À Rotterdam, les opérateurs reviennent progressivement sur le marché après la trêve hivernale. Le constat est clair, 2025 a été faible côté demande, tandis que des tensions sur l’offre ont pesé sur l’aluminium et le cuivre. Pour 2026, le scénario annoncé est celui de la continuité, beaucoup d’incertitudes, donc des décisions d’achat plus prudentes.

Sur ce type de marché, la demande ne suffit pas à expliquer les prix. Ce sont souvent les contraintes de production, d’énergie et de logistique qui donnent le ton. Quand l’offre se resserre, les acheteurs acceptent de payer plus pour sécuriser des volumes, même si l’activité reste molle.

Les primes repartent à la hausse, quand l’offre devient le vrai point de tension

Dans l’aluminium, les primes démarrent l’année en légère hausse. En pratique, ces primes sont le supplément payé au-dessus du prix de référence, pour obtenir du métal livré à un endroit donné, avec une qualité et un calendrier précis. Quand les primes montent, cela traduit souvent une disponibilité plus compliquée, ou la crainte qu’elle le devienne.

Deux facteurs alimentent cette tension. D’abord, il est jugé probable que la fonderie Mozal, au Mozambique, soit mise en maintenance à partir de mars 2026, faute de contrat énergétique suffisamment compétitif. L’énergie reste un paramètre central pour l’aluminium, la production dépend d’une électricité abondante et à coût maîtrisé. Dès que ce point se dégrade, les risques de ralentissement deviennent immédiats.

Ensuite, un incendie dans une fonderie à Bahreïn pourrait aussi peser sur l’offre. Même lorsqu’un incident est localisé, le marché réagit vite, car il raisonne en chaîne, volumes indisponibles, reports de livraison, reconstitution de stocks, et répercussion sur les primes.

Dans ce contexte, la dimension monétaire compte aussi, même sans chiffre à l’appui dans le texte. Quand l’incertitude domine, les entreprises privilégient la trésorerie, réduisent les engagements longs et surveillent le coût du financement des stocks. Résultat, le marché avance par petites décisions, au rythme des signaux sur la production et l’énergie, plutôt qu’au rythme d’une demande franchement repartie.

M. MASAMUNA

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