Ressources naturelles et stabilité : la RDC renforce ses liens avec le Japon pour impulser sa croissance

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La République démocratique du Congo a marqué le 65e anniversaire de son indépendance le 30 juin 2025 lors de l’Expo Universelle d’Osaka, au Japon. La Première ministre Judith Suminwa, accompagnée de plusieurs membres de son gouvernement, a mis en avant l’importance stratégique de cette présence dans le contexte d’un renforcement des relations économiques et technologiques avec Tokyo.

L’accent a été mis sur la volonté de la RDC d’exploiter ses vastes ressources naturelles dans un cadre de coopération accrue avec le Japon, un pays qui cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement en matières premières critiques. En 2024, la RDC représentait près de 70 % de la production mondiale de cobalt, un métal clé pour les batteries des véhicules électriques, ainsi qu’une part importante de la production mondiale de cuivre. Ces chiffres confèrent à Kinshasa un rôle déterminant dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, d’autant que la demande pour ces métaux devrait croître de plus de 30 % d’ici 2030 selon les projections du Forum économique mondial.

Judith Suminwa a également évoqué la signature récente d’un accord avec le Rwanda, visant à stabiliser l’Est du pays après des décennies de conflits armés. Cette paix relative est essentielle pour la pérennisation des investissements étrangers et la sécurisation des infrastructures minières. Selon des études de la Banque mondiale, la dégradation sécuritaire en région de l’Est freine la croissance économique globale de la RDC d’environ 1,5 point de PIB par an.

Du côté japonais, Takashina Jun, commissaire général adjoint de l’Expo, a confirmé que le Japon s’engage à accompagner la RDC via des transferts de technologies adaptées aux besoins spécifiques du pays, notamment dans les secteurs des infrastructures et des technologies propres. Cette approche s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à réduire la dépendance japonaise aux chaînes d’approvisionnement chinoises et à renforcer la résilience économique face aux perturbations mondiales.

Le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku, a salué la visibilité offerte par ce rendez-vous international réunissant 170 pays. Il a rappelé que la RDC cherche à attirer des investissements non seulement dans les secteurs miniers mais aussi dans l’agro-industrie et les PME, vecteurs de diversification économique. La Banque africaine de développement souligne que la RDC a enregistré une croissance de 5,2 % en 2024, portée par une augmentation des exportations de minerais et une reprise progressive des activités agricoles.

La dimension culturelle a aussi occupé une place importante. La rumba congolaise, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, a été présentée lors de la journée nationale de la RDC, en présence d’un public international, illustrant la volonté de la RDC de valoriser son capital culturel comme levier d’attractivité.

Dans un contexte où la gouvernance économique reste fragilisée par des défis structurels, cette semaine à Osaka témoigne d’une ambition claire : s’inscrire dans des partenariats globaux qui allient ressources naturelles, innovation technologique et stabilité politique, conditions indispensables pour un développement durable.

— Peter MOYI

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