Du 10 au 21 novembre 2025, Bélem (Amazonie brésilienne) réunit les États pour la COP30. Objectif central : maintenir le réchauffement sous 1,5 °C, seuil acté à Paris (COP21) afin de limiter les pertes humaines, agricoles et côtières. L’Afrique ne pèse que 3 à 4 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre, alors que les pays industrialisés en concentrent 96 à 97 %. La vulnérabilité africaine reste, elle, élevée : sécheresses, inondations, pression sur les budgets publics et les balances alimentaires.
Pourquoi 1,5 °C reste la ligne de garde
La trajectoire climatique s’inscrit dans un cadre né à Rio (1992) avec la CCNUCC et le principe pollueur-payeur. Les conférences annuelles s’enchaînent depuis Berlin (1995, COP1). Le jalon technique demeure Kyoto (1997, COP3), premier accord à objectifs chiffrés de réduction d’émissions. Message de fond : plus la température moyenne grimpe, plus les coûts se propagent assurances, infrastructures, santé publique, productivité par le biais d’aléas extrêmes et de la montée des eaux.
Le cœur du mécanisme est physique : les GES forment une couche qui retient la chaleur. La combustion de charbon, pétrole, gaz accroît ces concentrations et élève la température moyenne. Chaque année de retard comprime la marge d’ajustement monétaire et budgétaire : dépenses d’urgence plus fréquentes, primes de risque plus élevées, besoin de financement extérieur plus coûteux.
Sur le plan politique, pas de sanction juridique automatique. La pression s’exerce par la réputation et l’accès aux financements : être classé « mauvais élève du climat » pèse sur l’investissement, l’aide et certaines lignes de crédit. À l’inverse, des trajectoires crédibles facilitent les flux concessionnels et l’appétit des investisseurs.
Bélem rappelle enfin l’importance des puits de carbone. Les forêts brésiliennes et congolaises absorbent le CO₂, régulent le cycle de l’eau et stabilisent des activités entières (énergie, agriculture, mobilité fluviale). D’où leur statut de « pays solution » : valoriser ces actifs naturels, c’est réduire le coût global d’atténuation et sécuriser, à terme, des recettes climatiques et des partenariats plus durables.
Peter MOYI






