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Quotas d’exportation dès 2025 et raffinerie opérationnelle visée en 2027, la RDC tente de verrouiller la valeur de ses 80 % de cobalt mondial

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Last updated: décembre 21, 2025 5:05 pm
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il y a 5 mois
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La République démocratique du Congo fournit près de 80 % du cobalt mondial. La production est passée de moins de 15 000 tonnes en 2003 à plus de 170 000 tonnes en 2023. Pourtant, l’essentiel de la valeur ajoutée reste capté à l’étranger, en particulier en Chine qui raffine environ 84 % du cobalt mondial. Avec la raffinerie cuivre-cobalt Buenassa, soutenue par un financement public initial de 3,5 millions de dollars, Kinshasa cherche à engager une véritable stratégie industrielle dans la chaîne des batteries.

En vingt ans, la RDC est devenue l’acteur central du cobalt, matériau indispensable aux batteries rechargeables. Mais le pays exporte encore presque uniquement des hydroxydes, un produit intermédiaire peu transformé. Le raffinage, la production de sulfates de qualité batterie et la fabrication de précurseurs se font ailleurs. Cette structure laisse à la RDC les risques miniers et environnementaux, mais peu de marges industrielles.

cobalt bat

Une étude de Bloomberg New Energy Finance, publiée en 2021, a montré qu’une usine de précurseurs NMC en RDC pouvait être compétitive. Les scénarios évoquaient des investissements d’environ 39 millions USD pour 10 000 tonnes de précurseurs et jusqu’à 301 millions USD pour 100 000 tonnes. L’avantage comparatif reposait sur deux leviers : un accès direct au cobalt congolais et la possibilité d’utiliser l’hydroélectricité, donc un coût énergétique et une empreinte carbone plus faibles que dans d’autres zones industrielles.

Toute l’équation dépendait d’un cobalt cher. Or, à partir de 2022, le marché s’est retourné. L’essor des batteries LFP, qui ne contiennent pas de cobalt, a réduit la demande pour certaines applications. Dans le même temps, des volumes supplémentaires importants sont arrivés du côté de l’offre, notamment depuis les mines Tenke Fungurume et Kisanfu opérées par le groupe chinois CMOC en RDC. Sous l’effet combiné de ces facteurs, le prix du cobalt est passé de plus de 80 000 USD la tonne en mars 2022 à moins de 24 000 USD en novembre 2024.

Cette baisse de plus des deux tiers a mécaniquement comprimé les marges des producteurs, réduit les recettes fiscales et fragilisé la capacité de financement de nouveaux projets industriels. Les modèles d’usines de précurseurs construits sur des hypothèses de prix élevés sont devenus beaucoup plus difficiles à boucler, pour les investisseurs privés comme pour l’État.

Dans ce contexte, le gouvernement a choisi une approche plus interventionniste. En 2025, il a d’abord suspendu les exportations de cobalt, puis les a réautorisées dans un cadre de quotas gérés par l’ARECOMS. Cette mécanique cherche à mieux contrôler les flux, à influencer la formation des prix internationaux et à encadrer les pratiques, y compris dans l’artisanat minier. Sur le plan de la politique monétaire et budgétaire, l’enjeu est clair : stabiliser une source majeure de devises et de recettes fiscales dans un environnement de forte volatilité des cours.

Mais la régulation des volumes n’a de sens que si elle prépare une montée en gamme. Les quotas peuvent devenir un outil d’industrialisation. En réservant un traitement préférentiel aux opérateurs qui investissent dans le raffinage, les sulfates ou les précurseurs, l’État peut orienter progressivement les flux de cobalt vers des usages domestiques à plus forte valeur. Le Code minier offre déjà une base, puisqu’il permet de réserver une part de la production aux besoins de l’industrie locale. Utilisée pleinement, cette disposition peut sécuriser l’approvisionnement de raffineries comme Buenassa et de futures usines de précurseurs.

Buenassa : un projet pilote, un calendrier ajusté

Buenassa

Le projet Buenassa s’insère dans cette logique. En février 2024, la société annonce un financement initial de 3,5 millions de dollars du gouvernement congolais pour une raffinerie cuivre-cobalt en RDC, avec un objectif de produire des cathodes de cuivre de qualité LME et du sulfate de cobalt de qualité batterie. Initialement, une mise en service à l’horizon 2027 était évoquée. Mais, selon les responsables du projet, les retards accumulés, liés notamment à la lenteur de certaines entités gouvernementales partenaires, ont conduit à un ajustement du calendrier. Le lancement industriel est désormais ciblé pour le premier trimestre 2030.

Au-delà du sulfate de cobalt, Buenassa mène également une étude pour produire du cobalt métal. Cette montée en gamme vise en particulier à répondre à des besoins stratégiques de l’industrie de la défense américaine (aérospatiale, aéronautique, munitions, etc.), qui cherche à sécuriser des approvisionnements hors de Chine pour certains métaux critiques. Si cette étape se concrétise, la RDC pourrait passer d’un rôle de simple fournisseur de minerais à celui de producteur de matériaux critiques pour des chaînes de valeur industrielles et militaires de très haut niveau.

Sur le plan technique, ce type d’installation doit gérer plusieurs contraintes : qualité chimique des produits, continuité de l’approvisionnement en minerai, disponibilité d’une énergie fiable, conformité environnementale. Sur le plan financier, il s’agit de démontrer qu’une raffinerie intégrée peut être rentable dans un contexte de cobalt autour de 20 000 à 25 000 USD la tonne, bien en dessous des sommets de 2022. Le montage retenu, mélange de financement public congolais et de partenariats internationaux, vise aussi à réduire le risque perçu par les investisseurs et à favoriser un transfert de savoir-faire.

Buenassa peut ainsi jouer un rôle de projet pilote. S’il atteint sa capacité prévue, il donnera des éléments concrets sur les coûts de raffinage en RDC, la stabilité de la fourniture d’énergie et la capacité locale à respecter les standards exigés par les grands fabricants de batteries, mais aussi, à terme, par des donneurs d’ordres sensibles comme l’industrie de défense américaine. Ces données sont essentielles pour les arbitrages futurs, pour l’État comme pour les bailleurs, sur la taille et le rythme de montée d’une éventuelle industrie de précurseurs et de cobalt métal en RDC.

Dans le discours de ses promoteurs, le projet Buenassa s’inscrit clairement dans une vision de souveraineté économique et d’émancipation industrielle de la RDC : capter davantage de valeur sur place, réduire la dépendance aux centres de raffinage étrangers et ancrer dans le pays des compétences industrielles rares, plutôt que de rester cantonné à l’exportation de produits intermédiaires.

Aligner les instruments de politique économique

cobalt congolais

Reste à articuler ce projet avec les autres instruments de politique économique. La mise en place de quotas stratégiques par l’ARECOMS à partir de 2026 peut sécuriser des volumes pour les raffineries locales. Les futures zones économiques spéciales dédiées aux batteries, notamment le projet de zone Congo-Zambie, devront offrir des conditions fiscales et douanières stables, un accès compétitif à l’énergie et une gouvernance crédible, afin d’attirer des capitaux sur des horizons longs.

Au final, le cobalt congolais a déjà un poids mondial, mais la vraie bataille se joue désormais sur le terrain de la transformation locale et de la capture de valeur. Si les outils de régulation des exportations, le cadre minier et des projets industriels comme Buenassa – dans toutes leurs dimensions, du sulfate de cobalt au cobalt métal – s’alignent dans une stratégie cohérente, la RDC peut commencer à passer d’une rente minière exposée aux cycles de prix à une industrie des matériaux pour batteries et métaux critiques qui pèse davantage dans ses équilibres extérieurs, l’emploi et sa souveraineté économique.

M.KOSI

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