Le SAEMAPE soutient l’arrêté du ministre des Mines, Louis Watum, qui suspend à titre conservatoire et préventif des activités de traitement et de commercialisation dans la filière cupro-cobaltifère issue de l’exploitation artisanale. À Kinshasa, son directeur général, Jean-Paul Kapongo, dit viser les dérives illégales, pas l’artisanat en lui-même.
L’arrêté ministériel portant suspension conservatoire et préventive des activités de traitement et de commercialisation des entités opérant dans la filière cupro-cobaltifère issue de l’exploitation artisanale a été salué à Kinshasa par le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE), selon un communiqué consulté par l’ACP.
Dans ce document, le directeur général du SAEMAPE, Jean-Paul Kapongo, affirme soutenir la décision du ministre des Mines, Louis Watum. Il estime qu’elle s’inscrit dans le respect du Code minier, du Règlement minier et des engagements internationaux de la RDC en matière de traçabilité et de diligence raisonnable.
La traçabilité, c’est la capacité de suivre le minerai depuis son origine jusqu’à sa vente. La diligence raisonnable renvoie aux vérifications attendues pour limiter les achats provenant de circuits illégaux ou à risque. Dans un secteur où le cuivre et le cobalt attirent de nombreux intermédiaires, ces exigences pèsent sur toute la chaîne, du traitement à la commercialisation.
Assainir les circuits de vente pour réduire les pratiques illégales
Jean-Paul Kapongo précise que l’arrêté ne vise pas l’exploitation artisanale en tant que telle. Le texte vise plutôt des pratiques jugées illégales qui perturbent la chaîne de traitement et de commercialisation. Le communiqué cite notamment l’approvisionnement illicite, l’envahissement des concessions minières et le non-respect des normes de conformité.
Dans cette logique, le SAEMAPE appelle les exploitants à écouler leurs minerais uniquement à travers les circuits officiels agréés. Le directeur général mentionne, parmi ces canaux, l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC). Il insiste sur l’idée que l’assainissement du secteur est une exigence pour une gouvernance minière responsable, durable et souveraine.
Le service public réaffirme aussi sa vision à moyen terme : faire évoluer progressivement l’artisanat vers une petite mine formalisée, avec des coopératives mieux encadrées et plus professionnelles. L’objectif affiché est aussi de voir émerger des opérateurs nationaux jugés crédibles dans la filière.
Le communiqué rappelle enfin le rôle du SAEMAPE : structurer, formaliser et professionnaliser l’exploitation minière artisanale et à petite échelle en RDC. Le service dit accompagner les exploitants, favoriser leur regroupement en coopératives et leur intégration dans les circuits officiels de production et de commercialisation, tout en assurant le suivi des flux et la sécurité.
— M. KOSI



